Enseignements artistiques : place à l’audace

En 2004/2005, les programmes des enseignements artistiques pour les classes de terminale seront placés sous le signe de la modernité. Au menu, des choix parfois audacieux comme les oeuvres musicales d’Astor Piazzolla ou les créations du Théâtre du Soleil.

B.O. n° 15 du 8 avril 2004 : Programmes limitatifs des enseignements artistiques en classe terminale pour l’année 2004-2005 et la session 2005 du baccalauréat.


 


Les programmes des enseignements artistiques pour les classes de terminale et la session 2005 du baccalauréat concernent les arts plastiques, le cinéma et l’audiovisuel, l’histoire des arts, la musique et le théâtre.


 


Du côté des arts plastiques, les élèves sont invités, depuis plusieurs années, à réfléchir sur « l’œuvre et le corps »1. En peinture, les mouvements cubistes et futuristes présentent une approche assez froide de l’anatomie, notamment dans le portrait. « On aurait pu aller voir du côté des expressionnistes, regrette Claude Rabuel, enseignante en Arts appliqués à l’IUFM de Lyon. Ils proposent une façon beaucoup moins calculée d’appréhender la représentation du corps ». Avec l’étude de la « villa » chez les architectes Guimard et Mallet-Stevens, « on reste dans le classicisme. C’est de l’Art moderne qui ne dérange pas », estime Claude Rabuel.


 


Flou artistique sur l’histoire des arts


 


Le programme de l’option cinéma a été ramené à 3 œuvres. Le choix d’introduire « Sans soleil » de Chris Marker est audacieux. Comme dans le cas du film d’Abbas Kiarostami « Le vent nous emportera », présent depuis plusieurs années, « nous sommes dans la lenteur, avec des plans fixes assez longs. C’est un rythme auquel les élèves ne sont pas habitués », explique Claude Rabuel.


 


L’histoire des arts est sans doute la partie la plus floue du programme. Elle couvre le thème de la rupture et de la dislocation dans les années 20, en Allemagne et en Autriche, l’itinéraire de l’œuvre de Sergeï Eisenstein, puis le progrès technologique et enfin la création artistique depuis le milieu du XIXème siècle. Peu de pistes sont données pour guider les élèves dans leur parcours pédagogique. « C’est difficilement gérable. Les périodes sont beaucoup trop longues et la production d’Eisenstein assez difficile d’accès », commente Claude Rabuel.


 


Eccléctisme en musique et théâtre


 


En musique, les œuvres d’Astor Piazzolla, présentes au programme pour la seconde année, témoignent, elles aussi, d’une certaine audace. Bach et Haendel sont toujours assurés de remporter un succès auprès des élèves. Quant aux pièces contemporaines, elles restent souvent ardues. Enfin, l’enseignement du théâtre fait la part belle à l’hétéroclite en mêlant oeuvres romantiques et mises en scène extrêmement contemporaines puisqu’il s’agira, à travers le thème « De la tradition orientale à l’Occident moderne », d’étudier des créations du Théâtre du soleil.


 


Laetitia de Kerchove


 


(1) Après avoir étudié « l’œuvre et l’image » en seconde, et « l’œuvre et le lieu » en première.

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.