Classes à PAC : comment les financer ?

Destinées à mettre les élèves au contact de l'art et de la culture, les classes à projet artistique et culturel (PAC) posent souvent des difficultés de financement aux enseignants qui les initient. Des solutions existent pourtant… à condition d'être motivé !

« La principale difficulté de notre projet a été le financement ». En quelques mots, Florence Comte, professeur d’anglais initiatrice d’un projet artistique et culturel dans une classe de 6ème d’un collège de l’Yonne, résume bien la situation à laquelle sont confrontés nombre d’enseignants qui souhaitent monter un projet de classe à PAC.

Lors de sa création, à la rentrée 2001, le dispositif prévoyait pourtant un budget de 1200 € par classe et par an1, ce qui a permis à de nombreux projets d’être lancés. Mais tous les projets ne rentrent pas forcément dans cette enveloppe. « Tout dépend de ce qu’on veut faire, explique Mick Bouchet, instituteur en Ardèche et initiateur de plusieurs classes à PAC. Si l’on veut monter un projet un peu ambitieux, c’est insuffisant. » Florence Comte a rencontré le même problème : « Notre projet a nécessité un gros budget : 4500 €, car il incluait un voyage en Angleterre ». Aujourd’hui, le problème est encore plus crucial car les règles du jeu ont changé : le budget minimum n’étant plus assuré (voir ci-contre).

Déployer des trésors d’énergie

Dans ces conditions, c’est à force de détermination et d’initiative que l’on obtient des financements. Florence Comte en témoigne : « Nous avons dû déployer des trésors d’énergie, frapper à toutes les portes et « mendier » chaque centime. Nous avons ainsi pu obtenir des fonds auprès des municipalités où résident les élèves, auprès des entreprises locales, auprès du Lion’s Club ainsi que du conseil général. Nous avons même monté des opérations pédagogiques au sein du collège pour compléter le financement. » Mick Bouchet, lui aussi, a multiplié les démarches : « Nous avons tout d’abord monté un dossier d’API (action pédagogique intégrée), puis un dossier de classes à PAC, et comme cela était toujours insuffisant, nous avons fait une demande de classe APA (Atelier de pratique artistique). Enfin, pour boucler le budget, nous avons fait des démarches auprès de la Fondation de France, mais cela n’a pas abouti, auprès d’un Parc Régional, qui nous a promis des financements qui ne sont jamais venus, auprès de l’amicale laïque et enfin auprès de la commune. »

Un an de préparation

Pour mener à bien un tel parcours, Mick Bouchet reconnaît qu’il faut être très motivé : « Si on n’est pas passionné par le projet, c’est très dur. Il faut être à l’affût de tous les types de financements compatibles. C’est épuisant car les dossiers sont tous différents et il faut à chaque fois se déplacer auprès de l’institution concernée pour aller défendre sa cause. » Ce sentiment est partagé par Florence Comte : « Cette recherche d’argent a été le plus gros consommateur de temps et d’énergie du projet. »

L’un et l’autre en tirent la même conclusion : monter un projet de ce type « demande une préparation bien antérieure, pratiquement un an avant le démarrage réel, pour respecter les délais de dépôts des dossiers de candidatures », explique Florence Comte. Même conseil de prudence chez Mick Bouchet : « Il ne faut surtout pas commencer un projet si on n’est pas sûr d’obtenir les financements, et notamment ne pas faire venir les artistes si on est pas sûr de les payer2« .

Si le parcours est difficile, il en vaut pourtant la chandelle : « Un an après, les élèves m’en parlent encore avec les yeux brillants… » confie Florence Comte.

Christophe Gazeau

(1) Le principe était le suivant : lorsqu’un dossier était retenu par l’inspection académique (primaire) ou par le rectorat (secondaire), l’Education nationale s’engageait à le financer à hauteur de 600 € environ, en incitant ensuite des partenaires tels que la DRAC ou les collectivités locales à participer à leur tour, afin que le budget soit doublé, soit 1200 € par classe et par an (voir BO n°24 du 14 juin 2001).

(2) Un intervenant extérieur est généralement payé 30 €/h. Le dispositif des classes à PAC envisage un minimum de 8 à 15h d’intervention des artistes par classe et par an. Le reste du financement officiel prévu initialement était dédié à l’achat de petit matériel et aux frais de déplacement et d’entrée dans les institutions culturelles (voir BO n°24 du 14 juin 2001).

Financement : le flou artistique

Depuis la rentrée 2003, le mode de financement des classes à PAC a changé, notamment dans le secondaire. La plupart des académies versent en effet aux établissements des dotations globales, laissant ces derniers arbitrer entre classes à PAC et autres projets. Seules certaines académies maintiennent le dispositif initial et continuent d’attribuer des budgets spécifiques. Par ailleurs, les principaux acteurs de ces mesures confirment que les crédits globaux attribués par le ministère sont en baisse.

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