En 1990, étudiante en droit, Sylvie Bomy ne parvient plus à financer ses études. Sur les conseils de sa mère, agent de service dans l’Education nationale, elle présente sa candidature au rectorat pour effectuer des remplacements comme agent d’entretien. « Recrutée au lycée Joffre, à Montpellier, explique-t-elle, j’y ai finalement passé quatre ans comme contractuelle. Rapidement informée de la possibilité de passer des concours, j’ai d’abord réussi celui d’O.E.A (ouvrier d’entretien et d’accueil)1. J’ai ensuite commencé à préparer le concours de Sasu (Secrétaire d’administration scolaire et universitaire)2, en externe. »


 


Deux ans d’efforts


 


Pendant deux ans, elle fréquente donc le Cafa, le Centre académique de formation de l’administration, à Montpellier, et suit les cours par correspondance du CNED. Sylvie Bomy se familiarise alors avec l’écriture de résumés ou de notes administratives et découvre la comptabilité et le droit administratif. « Ce fut une période souvent difficile, raconte-t-elle. Se mettre à étudier le soir, après 8 heures d’une journée de travail plutôt physique, c’est éprouvant. Mais je voulais absolument changer d’emploi et valoriser les quelques années d’études que j’avais tout de même effectuées. »


 


Volonté et persévérance finissent par payer : en 1996, Sylvie Bomy obtient enfin le titre tant convoité de Sasu. Elle est alors nommée à l’inspection académique de Nîmes, avant d’être mutée, à sa demande, au rectorat de Montpellier. Elle devient ensuite responsable de la scolarité dans un IUT, puis, l’an dernier, gestionnaire du collège de Montarnaud.


 


S’adapter aux réalités du terrain


 


Sylvie Bomy gère à présent le matériel et les finances de l’établissement. C’est elle qui dirige tout le personnel ouvrier. Si elle avoue volontiers s’être épanouie dans ses nouvelles fonctions, elle conserve toutefois un regard lucide sur son parcours : « Les connaissances qui nous sont demandées pour le concours ne correspondent en rien aux exigences réelles des emplois. A chaque fois que j’ai embrassé un nouveau poste, il m’a donc fallu recommencer pratiquement à zéro et découvrir mes missions auprès de mes nouveaux collègues. A mon arrivée au collège, par exemple, j’ai carrément dû suivre quinze jours de formation intensive en gestion. En fait, je pense que les épreuves du concours, en particulier pour sa partie orale, permettent justement d’évaluer nos capacités d’adaptation. »


                                                     Patrick Lallemant

 


(1) Voir la fiche métier des OEA sur le site du ministère.

(2) Voir la fiche métier des Sasu sur le site du ministère.