5 questions à… Christophe Van Haver : les vertus des carnets de voyage

Professeur des écoles à Plougonvelin, en Bretagne, Christophe Van Haver a entrepris de faire travailler les 24 élèves de sa classe de CE1-CE2 à partir de carnets de voyage qu’ils créent eux-mêmes. Il nous explique les intérêts (et les limites) de cet outil pédagogique inhabituel.

Comment est née l’idée de faire travailler vos élèves sur des carnets de voyage ?


 


Tout est parti de l’aventure menée par le père d’une de mes élèves, qui est en train de rallier le pôle Nord en solitaire. Nous avons donc monté un projet pédagogique autour de son expédition. Parmi les actions mises en place, nous sommes donc allés dans le Jura avec la classe, au Centre polaire Paul-Emile Victor de Prémanon, pour nous faire une idée de ce que pouvait être la vie au pôle. Certains élèves n’avaient, en effet, jamais vu de neige. L’idée de leur faire réaliser des carnets est venue en préparant le voyage.


 


Comment s’est passée cette création ?


 


J’ai tout d’abord préféré suivre une formation sur le sujet avec une conseillère pédagogique. Celle-ci est ensuite venue dans notre classe pour faire travailler les élèves avant le voyage. Avec elle, nous avons effectué un travail de vocabulaire autour du carnet de voyage, en étudiant tous les termes qui pouvaient être liés à cet objet. Nous avons également étudié des carnets réalisés par des enfants ou par des voyageurs aguerris. Une fois dans le Jura, en plus des activités traditionnellement menées pendant la semaine de classe blanche, chaque élève a dû glaner des informations, des articles, des dépliants ou des objets relatifs à son séjour pour constituer ensuite son carnet.


 


Quelles disciplines travaillez-vous plus particulièrement grâce à ce support ?


 


De ce point de vue, nous avons fait des choix. Après le retour, nous avons évidemment travaillé sur tout ce qui entoure l’expression écrite, la lecture ou l’orthographe. Le carnet de voyage constitue également un terrain d’exercice idéal pour l’art plastique. En revanche, nous avons tenu à ne pas utiliser le carnet pour travailler la géographie ou les sciences naturelles. Nous avons préféré aborder ces disciplines à l’occasion d’activités sur place, lors du voyage. En fait, les acquis principaux du carnet se situent dans des domaines moins traditionnels : écoute, observation, imagination…


 


Quel est finalement le principal intérêt de cette méthode ?


 


Son principal avantage réside sans doute dans la dynamique qui s’instaure immédiatement chez les enfants, dans le fait qu’ils se prennent en main plus facilement. Nous leur avions par exemple laissé une totale liberté de choix des sujets et de leur traitement. Or, pratiquement tous les élèves ont écrit dans leur carnet, même ceux qui, depuis le début de l’année, éprouvaient des difficultés à écrire. De plus, tous se sont spontanément intéressés à ce qui se passait sur le site, ce qui est loin d’être le cas à chaque sortie scolaire. Et tous ont spontanément utilisé découpage et collage.

Question subsidiaire

Ce travail a-t-il eu des conséquences sur l’ambiance en classe ?


Il est sûr que l’ambiance a changé. Mais il est difficile de dire pour quelle part cela est dû au carnet de voyage, au voyage lui-même, ou à l’expédition menée par le père de l’élève… En tout cas, il est certain que j’utiliserai à nouveau ce support dans les années à venir ! Quitte à le préparer encore mieux, notamment pour élargir la palette des possibilités en arts plastiques.

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