Gérard Aschieri : opération mobilisation

En compagnie d’autres organisations syndicales, la FSU lance un appel à la mobilisation contre la politique gouvernementale en matière d’éducation. Entretien avec son secrétaire général, Gérard Aschieri…

Verbatim…


 


Contre les réductions d’effectifs
« Pourquoi cet appel à une grève nationale ? C’est une question de moyens et une question de politique éducative. Le gouvernement accumule les décisions de régression qui déshabillent progressivement le système éducatif. Il applique une logique purement comptable et ne se pose pas la question de l’avenir de l’école.
Les chiffres sont connus… Dans le premier degré, il y a 1500 postes d’enseignants en plus mais c’est insuffisant pour faire face aux 53.000 élèves supplémentaires, d’autant que nous sommes confrontés à une diminution drastique de l’encadrement avec le départ des aides éducateurs. Dans le second degré, il y a 30.000 élèves en moins mais il y a environ 4.000 postes supprimés. A cela s’ajoute une baisse considérable des postes aux concours de recrutement, avec dans certaines disciplines des baisses qui dépassent 40%, comme en éducation physique et sportive ou dans les fonctions de conseillers principaux d’éducation ou de conseillers d’orientation psychologues…
Ces mesures sont graves car elles compromettent l’avenir du système éducatif. A contrario, nous pensons que l’éducation et la recherche sont des domaines qui méritent des investissements. Même si à un instant T il y a une légère diminution du nombre d’élèves dans tel ou tel secteur, il ne faut pas pour autant renoncer à cet investissement. Car ce qui se joue, je le répète, c’est l’avenir. Il est indispensable, de se donner les moyens de faire face à de nouveaux défis, pour la solidarité, pour l’emploi et pour le développement économique de notre pays. »


 



Le difficile appel à la mobilisation
« Après le conflit du printemps dernier, il est bien sûr très difficile de mobiliser le personnel de l’Education nationale. D’abord à cause des prélèvements, très importants, qui ont été effectués sur les salaires des grévistes. Il y a aussi le sentiment que les résultats de cette grève n’ont pas été à la hauteur de cet investissement. Il est donc normal de se poser la question « pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? » Pour plusieurs raisons, selon moi…
Tout d’abord, il est naturel de réagir lorsque telle classe ou telle option vient d’être supprimée dans son établissement, ou lorsque l’on s’interroge sur l’avenir de sa discipline. L’autre élément important, c’est ce qui se passe autour de nous. Nous voyons les chercheurs, les intermittents et diverses catégories qui se mobilisent, nous assistons à l’émergence de différents mouvements, comme l’appel des inrockuptibles, le KO social, etc.  Tout cela crée un contexte favorable à la mobilisation… »


 



L’élargissement de la FSU
« L’élargissement de la FSU à l’ensemble des secteurs de la fonction publique trouve en quelque sorte son origine dans le mouvement du printemps 2003. Pour contrer une politique gouvernementale, comme celle qui est menée actuellement, il faut sortir de cette logique de séparation entre les salariés de l’éducation et les autres salariés.  Des professionnels de secteurs différents peuvent mettre en relation les luttes et les revendications qu’ils ont en commun. Dans le langage technocratique syndical, on appelle cela la convergence !
Il n’était pas question que la FSU se transforme elle-même en confédération, car le monde syndical a avant tout besoin d’unité. Précisément, notre volonté est de travailler avec les autres organisations syndicales autour de sujets d’intérêt communs. » (…)



 

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