5 questions à…Dominique Dupasquier : l’intégration des ATOSS dans la communauté éducative

Dominique Dupasquier est l’intendant de la cité scolaire Jean Jaurès, à Montreuil, en Seine Saint-Denis. Regroupant un collège et un lycée, l’établissement emploie 250 personnes, dont une cinquantaine d’ATOSS* (12 administratifs et 38 ouvriers). Malgré la taille de la structure, leur intégration à la vie du groupe scolaire est une réussite.

Selon vous, comment expliquer la bonne intégration des personnels ATOSS au sein de votre établissement ?


 


La principale raison tient sans doute dans la volonté permanente d’associer les personnels ouvriers et administratifs à la vie de l’établissement. Ainsi, dès la pré-rentrée, je suis aux côtés du proviseur pour accueillir les nouveaux enseignants. Cette volonté s’explique de plusieurs façons. Il y a déjà un premier élément « historique » : Nous sommes dans un établissement de Seine Saint-Denis. Les enseignants y ont souvent une forte culture syndicale, et donc un regard plus sensibilisé aux difficultés du personnel ouvrier. D’autre part, les directions successives avec lesquelles j’ai travaillé ont toujours voulu tenir compte de la notion de communauté éducative.


 


Pouvez-vous nous donner d’autres exemples concrets ?


 


Cette volonté d’implication se retrouve également dans l’organisation des journées portes ouvertes. Compte tenu de la taille de l’établissement, un circuit a été mis en place. Il inclut un stand ATOSS, par lequel passeront forcément tous les gens qui visitent la cité scolaire. De même, lorsque la cantine a été transformée et que l’on a redéfini le système de perception des frais scolaires, les remarques des personnes qui y travaillent ont été prises en compte. Mieux, les personnels ATOSS ont été soutenus par les enseignants dans leurs revendications sur ce dossier.


 


Et vis-à-vis des élèves ?


 


Une commission disciplinaire d’avertissement, qui intervient avant le conseil de discipline, a été instituée dans l’établissement. Des personnels ouvriers y siègent. Du coup, au quotidien, ils se sentent davantage autorisés à intervenir auprès d’élèves qui, par exemple, jetteraient des papiers dans la cour. Une opération est également en train de voir le jour, où les personnels ouvriers iront dans les classes pour parler de leur métier et mener une opération de nettoyage en commun des tables de classe. Par ce biais, les élèves doivent comprendre qu’il y a effectivement des personnes chargées du nettoyage, mais qu’elles ne sont pas là pour récurer du matériel intentionnellement sali ou dégradé.


 


Vous parlez beaucoup du personnel ouvrier. Comment cela se passe-t-il pour le personnel administratif ?


 


Pour être honnête, les choses sont un peu plus compliquées, dans la mesure où le bâtiment administratif est séparé du reste de l’établissement, ce qui lui donne un petit côté « forteresse ». Mais nous avons tout de même essayé de mettre en place des partenariats. Je pense en particulier aux voyages scolaires : les enseignants en préparent certes l’aspect pédagogique, mais en liaison permanente avec les services administratifs et financiers. On n’a pas d’un côté le prof qui imaginerait des projets délirants sans se poser de questions financières, et de l’autre le comptable qui finirait par tout refuser à cause d’une virgule mal placée.



                                                                   Patrick Lallemant

 


* Les personnels administratifs, techniques, ouvriers, de service, sociaux et de santé (ATOSS) regroupent toutes les personnes intervenant au sein de la communauté éducative pour y assurer les tâches autres que pédagogiques. Des informations les concernant spécifiquement sont disponibles sur le site du ministère de l’Education : http://www.education.gouv.fr/personnel/administratif_technique.htm 

Quels points restent à améliorer ?

D’abord, quels que soient les besoins, il est gênant de ne pas avoir les moyens de réunir tous les personnels, de toutes les catégories, au même moment et au même endroit. Mais c’est un problème d’infrastructures : nous n’avons pas de salle assez grande. Il faut également mener un long travail de pédagogie auprès de certains enseignants qui ne jouent pas encore le jeu. Enfin, et même si des démarches sont régulièrement effectuées dans ce sens, il reste à travailler aussi sur le respect dû au personnel ATOSS par les élèves.

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