Violences scolaires: le nombre de victimes diminue, mais la violence se durcit

Éric Debarbieux, président de l'Observatoire européen de la violence scolaire, détaille les résultats d'une enquête de victimisation menée auprès de 30 000 élèves de primaire et de collège.

« Le ‘turn-over’ des enseignants dans les établissements est criminogène. Ce facteur est plus fortement corrélé aux écarts de victimisation entre élèves que tout autre facteur », estime Eric Debarbieux, président de l’Observatoire européen de la violence scolaire. Les résultats d’une enquête de victimisation menée auprès de 30 000 élèves de primaire et de collège ont été transmis au ministère de l’Education nationale le 29 janvier 2004. Cette étude établit une comparaison de la violence ressentie par les élèves entre 1995 et 2003. « Outre le ‘turn-over’ des enseignants, les classes de niveau sont également un facteur important de production de la violence scolaire, facteur quatorze fois plus explicatif que la présence de jeunes délinquants, par exemple… »


 


Pour Eric Debarbieux, « si le nombre d’élèves qui se déclarent victimes diminue, la violence est jugée bien plus forte en 2003 qu’en 1995 par ceux qui s’en disent victimes. Ces conclusions vont à l’encontre des déclarations ministérielles. Le ministère met en avant le fait que le nombre de faits de violence diminue. Ce que le ministère ne dit pas, c’est que si le nombre de victimes baisse partout, on constate un durcissement de la victimisation. »


 


D’après Eric Debarbieux, « on envoie les jeunes enseignants n’importe où, ce qui provoque, et c’est important de le dire, une coupure avec leur environnement affectif. La position de certains syndicats là-dessus est criminogène. Il ne s’agit même pas de corporatisme. Qu’est-ce qu’une corporation qui accepte qu’un tiers de ses membres soit mis en condition d’abandonner dès ses débuts? Tant que l’on ne touchera pas à cela, on n’agira pas sur la violence scolaire. »

Partagez l'article

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.