Tenues correctes exigées

Les tenues légères des élèves peuvent-elles perturber le bon fonctionnement des établissements ? Comment affronter le phénomène ? Voici quelques conseils de spécialistes et de professionnels ayant déjà été confrontés à la question.

Le thème a fait son entrée dans l’actualité au point de faire réagir les politiques : Xavier Darcos, ministre délégué à l’Enseignement scolaire, a exprimé récemment sa désapprobation du port du string à l’école : « Il est normal que l’on demande aux jeunes filles, quand elles commencent à être désirables, de faire en sorte qu’elles ne provoquent personne. »

Telle mère, telle fille

Assiste-t-on à une réelle augmentation du phénomène ? Difficile d’obtenir des statistiques sur le sujet. Récemment confronté à ce problème dans son collège, André Canvel, principal-adjoint du collège Emile Zola à Choisy-le-Roi, a convoqué en entretien l’élève concernée : « Elle avait le nombril à l’air et un pantalon à taille très basse. J’ai juste tenté de la raisonner en lui faisant remarquer que sa tenue n’était pas très appropriée. Quelques jours plus tard, je l’ai reçue en entretien avec sa mère. Je me suis alors aperçu que celle-ci s’habillait de la même manière ! Après un moment de surprise, j’ai essayé de faire entendre mon point de vue et tout est rentré dans l’ordre. »

L’affirmation sexuelle servie par la mode

Les tenues légères des adolescentes ne seraient donc que le reflet de la mode et une volonté d’imiter le comportement des adultes ? Pour Samuel Lepastier, pédopsychiatre et psychanalyste, il n’y a aucun doute sur ce point. « Toutefois, précise-t-il, une mode ne prend que si elle répond à des besoins psychologiques profonds. Le phénomène n’est donc pas seulement vestimentaire. Il s’agit pour ces jeunes filles de s’affirmer sexuellement, de se faire remarquer et de faire un pied de nez aux adultes. Simplement, elles ne mesurent pas les conséquences réelles de leurs actes. Parfois, il peut y avoir un mouvement d’escalade, pour voir qui aura la tenue la plus osée, qui ira le plus loin. L’important, pour les éducateurs, c’est de ne pas répondre à la provocation, et surtout, de ne pas se montrer gêné. »

Le règlement intérieur comme ultime rempart ?

Manuela Garcia, conseillère principale d’éducation au collège Gustave Courbet de Romainville, constate quant à elle que les jeunes filles ne sont pas les seules concernées : « Il m’est arrivé une seule fois de convoquer une adolescente, alors que le problème s’est posé à trois reprises avec des garçons qui portaient des jeans à taille très basse laissant nettement apparaître leur caleçon. Il suffisait qu’ils lèvent les bras pour que leur tenue devienne vraiment indécente. » Pour résoudre le problème, Manuela Garcia s’est appuyée sur le règlement intérieur : « Il précise que des tenues correctes sont exigées pour tous, élèves comme enseignants. Je leur explique donc que je ne me balade pas en culotte et que les profs non plus ne se promènent pas en caleçon ! »

Quelle que soit leur manière de régler le problème, plusieurs membres de la communauté éducative insistent sur le fait qu’ils n’ont pas besoin d’une législation spécifique sur le sujet. « Cela alourdirait encore plus les règlements intérieurs, appelés par ailleurs à être modifiés prochainement », précise André Canvel. Et il conclut : « Il y a des choses qui ne s’écrivent pas mais se disent, et cela suffit parfaitement pour obtenir le respect de l’enfant. »

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