Verbatim…

Séminaire académique

« Le séminaire que nous co-organisons revêt en premier lieu un aspect scientifique, puisqu’il s’agit de faire le point sur l’état des connaissances humaines dans le domaine des religions. Je pense en particulier, mais pas seulement, aux origines des 3 religions monothéistes que sont le judaïsme, l’islam et le christianisme. Les livres saints sont généralement des ouvrages collectifs, qui ont parfois été réécrits, puis ont été stabilisés – plus ou moins rapidement. Tout çà, on commence à le connaître de mieux en mieux, le séminaire doit donc permettre de sortir de quelques clichés vieux de plusieurs dizaines d’années. Voilà le cadre de notre démarche scientifique.
Mais bien entendu, nous poursuivons également un but pédagogique. Nous organisons des ateliers dans lesquels nous recherchons les moyens de passer de cet enseignement de haut niveau à un enseignement pratique vers l’école. Enfin, nous avons un objectif citoyen : l’école a aussi son rôle à jouer pour faire en sorte que le communautarisme ne soit pas la règle. »

Distinguer savoir et croire

« Comment enseigner le fait religieux ? Comment ne pas empiéter sur les croyances des élèves ? Evidemment, ces questions sont au cœur de notre métier. Le premier enjeu, c’est de parvenir à une bonne vulgarisation de ces connaissances exposées par les spécialistes de la question, de telle sorte qu’elles soient audibles et compréhensibles par des élèves. C’est le premier travail. Cet effort de vulgarisation ne va pas de soi, car nous ne parlons pas de choses passés, nous parlons d’une situation en cours de construction, qui continue à vivre et à évoluer… C’est inconfortable pour l’enseignant.
C’est également un défi de traduire notre connaissance, en expliquant aux élèves que leurs croyances ne sont pas forcément incompatibles. Mais après tout, il y a bien des astrophysiciens, parmi les plus illustres, qui croient en Dieu. »

Enseignement pluridisciplinaire

« S’il y a une matière qui est culturelle, au sens où elle touche à tous les aspects de notre vie, c’est bien le fait religieux ! En clair, lorsque l’on décline la formation pour une classe de collège par exemple, on s’aperçoit que toutes les matières ont affaires, de près ou de loin, à ce cycle. L’évidence, c’est l’histoire, bien sûr, mais pas seulement ! Il y a l’histoire de l’art : essayez d’imaginer, uniquement pour les arts visuels, tout ce qui a été fait et inspiré par les religions. Il faut également citer la musique, l’architecture… Mais les disciplines artistiques ne sont pas les seules. Il faut évoquer l’éducation physique et sportive : la religion traite de la relation avec le corps ! Elle traite aussi de la relation avec la sexualité, donc on en arrive aux sciences de la vie… Impossible d’oublier la philosophie, cela va de soi, ou la littérature ! On voit bien que toutes les disciplines, ou presque, sont de près ou de loin concernées par le fait religieux. »