3e : les disciplines trinquent !

A partir de la rentrée 2005, la classe de troisième change. Si un tronc commun demeure, certaines matières, comme la langue 2, deviennent optionnelles. Qu’en pensent les enseignants ?

Le ministère de l’Education nationale a rédigé fin 2003 un document de travail(1), en vue d’un futur projet de réforme de la classe de troisième. L’AEF rapporte que l’objectif de cette réforme pour le ministère est de mettre en place « une seule classe de troisième, destinée à remplacer les actuelles troisièmes à option langue vivante, troisièmes à option technologie ainsi que les diverses formes de troisièmes à vocation pré-professionnelle ou en alternance développées ces dernières années ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Nouvelle grille horaire


La nouvelle grille horaire proposée par le ministère est la suivante : cinq heures de français, quatre de mathématiques, trois de LV1, trois et demi d’histoire-géographie-éducation civique, une heure et demi de SVT, deux de physique-chimie, deux d’enseignements artistiques, trois d’éducation physique et sportive. Pour les enseignements choisis obligatoires : une heure et demi de technologie, trois heures de LV2 ou de découverte professionnelle. Enfin trois heures de cours pour les enseignements choisis facultatifs.
Le document de travail du projet (2) précise que « dans le cadre des enseignements facultatifs, les élèves peuvent suivre un enseignement de 3 heures soit de découverte professionnelle, soit de langue vivante étrangère ou régionale, soit de latin, soit de grec, soit d’initiation aux langues et cultures de l’antiquité ».



Réactions des professeurs de spécialité



Comment réagissent les enseignants des disciplines concernées ? Ils demandent le retrait du projet. Les associations de professeurs de spécialité n’ont pas manqué en effet de remarquer que le fait d’optionnaliser les matières jusque là obligatoires, telles que la langue vivante 2, les arts plastiques ou la musique, fragiliserait ces disciplines, déjà difficilement mises en valeur dans les programmes. Quant à celles qui sont déjà optionnelles, comme le latin et le grec, elles sont directement menacées par la possibilité de choisir à leur place la « découverte professionnelle » ou un itinéraire de découverte.
Est-ce que le « choix effectué par l’élève devrait lui permettre une exploration de certains champs de connaissances et de savoir-faire » comme l’affirme le ministère ? Ou au contraire le privera-t-on de « pans importants de la culture générale »(3), comme le redoute la Conférence des Présidents des associations de professeurs spécialistes ? Le débat est ouvert. 


                                                                        Sandra Ktourza


(1)www.aplettres.org/arrete.htm
(2)idem


(3)www.aplettres.org/conference.htm



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