Profs à paraître

Essai, manuel, thèse… nombreux sont les enseignants qui aimeraient publier le résultat de leurs travaux ou de leurs réflexions. Quelles sont les démarches pour y parvenir ? A qui s’adresser ? Quels sont les pièges à éviter ? Premiers éléments de réponse…

La démarche


 


Dans le cas des enseignants-chercheurs du supérieur, la voie de la publication passe le plus souvent par leur propre université ou par l’organisme auquel ils appartiennent. Ainsi, l’Institut national de la recherche pédagogique (INRP) publie les travaux de ses chercheurs, parmi lesquels beaucoup de doctorants. Dans le même esprit, de nombreuses universités disposent de services « publication » qui choisissent et éditent eux-mêmes des travaux d’étudiants ou d’enseignants. Dans ces deux cas, la jurisprudence en matière de droits d’auteur est claire : un écrit réalisé dans le cadre d’un travail rémunéré, ou subventionné si l’on est dans une situation d’apprenant, appartient à la personne physique ou morale qui l’édite et qui emploie l’auteur. Des compromis permettant de toucher des droits d’auteur individuels peuvent toutefois être trouvés au cas par cas.


Du côté des maisons d’édition traditionnelles, les profs sont généralement logés à la même enseigne que les autres auteurs : le projet de livre doit être adressé au directeur littéraire ou au directeur de collection. Inutile d’envoyer le manuscrit dans son intégralité, un synopsis de quelques pages, accompagné éventuellement d’un plan, est souvent tout aussi efficace. Pas la peine non plus de téléphoner avant d’expédier sa proposition. S’il est intéressé, l’éditeur se manifestera. Tous les détails seront ensuite précisés à la signature du contrat : avance sur droits, date de remise du manuscrit, date de publication, etc.


 


 


Le témoignage


 


Professeur de droit public à l’Université de Toulon, dont il est ensuite devenu le président, Bruno Ravaz a publié, en 1999, un « Mémento des grandes œuvres politiques » chez Hachette, dans la collection les Fondamentaux. « Ce n’est pas très difficile de faire publier un travail universitaire. J’ai donc envoyé mon projet directement chez Hachette, et il a été accepté.  En fait, une dizaine de maisons sont susceptibles de sortir ce type d’ouvrage, et on connaît assez bien leur profil. »


Cette étape franchie, il a ensuite fallu s’atteler à la rédaction du livre : « Les délais étaient assez courts, car l’éditeur souhaitait imprimer le livre en juillet pour le sortir à la rentrée. » Comme de nombreux auteurs occasionnels, Bruno Ravaz n’a jamais su exactement à combien d’exemplaires son livre a été vendu : « Je suppose tout de même que cela ne s’est pas trop mal passé. J’avais en effet reçu une avance sur mes droits à la signature du contrat, et l’année suivante j’ai reçu un second chèque. En tout, j’ai dû toucher environ 1500 euros. Depuis, je n’ai plus de nouvelles alors que mon livre est encore dans les rayons. Ceci étant, quand vous leur parlez argent, beaucoup d’autres maisons d’édition se contentent de vous répondre qu’elles vous publient et que ce n’est déjà pas mal. Même si je ne sais pas où en sont mes ventes, je ne suis donc pas à plaindre. »


Finalement, l’expérience a séduit l’universitaire : « C’était sympa. L’échange avec la directrice de collection a été enrichissant. D’ailleurs, je prépare un deuxième livre, sur la justice et la communication, qui doit sortir en octobre prochain. »

Le saviez vous ?

Quel que soit l’éditeur, le versement des droits d’auteur s’appuie le plus souvent sur le même principe : l’auteur touche un pourcentage sur le prix de chaque livre vendu, pourcentage qui augmente avec les ventes. Pour prendre un exemple courant : 8% du prix du livre jusqu’à 5.000 exemplaires, 10% jusqu’à 20.000 exemplaires et 12% au-delà.

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