Accord universitaire franco-chinois

Alors que la France a multiplié par onze le nombre d’étudiants chinois accueillis en quatre ans, les départs d’étudiants français vers la Chine restent rares. Les ministères de l’éducation des deux pays cherchent à équilibrer et encadrer ces échanges.

Au B.O. n° 41 du 6 novembre 2003 : Coopération universitaire entre le MJENR et le ministère chinois de l’éducation : cliquez ici.


 


Une véritable explosion ! En 2002, neuf mille étudiants chinois se sont inscrits dans les universités françaises ! Selon le vice-ministre de l’éducation chinois, ils seraient actuellement 16.000 à poursuivre leurs études en France, alors qu’ils n’étaient que 1449 en 1998. Ils représentent ainsi 10% des étudiants étrangers en France, ce qui les place au quatrième rang des pays ayant des étudiants en France.


 


Pour encadrer et stimuler ces échanges, les ministères de l’éducation des deux pays ont donc mis au point un « arrangement administratif » qui définit les dispenses et équivalences de diplômes entre la Chine et la France. Ce document, signé le 30 septembre dernier par les deux ministres de l’éducation, Zhou Ji et Luc Ferry, entérine une démarche commencée en mars 2002. L’accord entre en vigueur dès cette année 2003-2004, pour une durée de validité de quatre ans renouvelable. Le texte de cet arrangement décrit l’architecture des diplômes et des grades, et l’organisation des études supérieures dans les deux pays. Il détaille ensuite les modalités d’accès des étudiants dans le système d’enseignement du pays partenaire en établissant des équivalences entre les diplômes et les grades. Il précise enfin les modalités des cotutelles de thèse.


 


A la recherche d’étudiants plus titrés


 


Avec cet accord, la France espère rattraper son retard sur des pays tels que les Etats-Unis, le Japon, le Canada, l’Australie, ou encore la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, ces deux dernières accueillant jusqu’à 20.000 nouveaux étudiants chinois par an. La France est également en retrait quant au niveau de qualification des étudiants qu’elle accueille : les jeunes Chinois les plus diplômés bénéficient le plus souvent de bourses de fondations ou d’entreprises américaines. Deux faits témoignent également de ce déficit : 80% des jeunes Chinois qui arrivent dans l’Hexagone ne parlent pas le français ! Et certains d’entre eux viennent même étudier en France après avoir été recalés au Gao Kao, le concours national — très sélectif — qui permet, en Chine, d’intégrer une université. A leur arrivée en France, la plupart des étudiants chinois doit donc suivre une formation de mise à niveau linguistique dispensée dans les universités françaises (voir ci-contre).


 


La Chine séduit peu d’étudiants français


 


En ce qui concerne le déplacement des étudiants français en Chine, la partie est loin d’être gagnée pour les universités chinoises, qui cherchent cependant à combler ce retard. En novembre dernier, la Chine a investi le salon de l’Education en envoyant les représentants de plus de soixante-dix universités. Objectif : attirer en nombre les jeunes Français. Après tout, comme se plaît à le rappeler le vice-ministre de l’Education chinois, la coopération entre les deux nations ne date pas d’hier : Zhou Enlai et Deng Xiaoping sont venus étudier en France…

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