Dotation 2004 : où sont les profs ?

Les chiffres sont inquiétants : à la rentrée 2004, seuls 1460 nouveaux postes d’enseignants du premier degré seront créés pour 53 400 nouveaux élèves. Le secondaire n’est pas mieux loti. Les syndicats crient au scandale. Le point sur les dotations 2004.

La dotation 2004 en effectifs enseignants pour le primaire et le secondaire fait couler beaucoup d’encre. Le chiffre officiel des 1460 postes alloués au primaire est unanimement considéré  comme insuffisant par tous les syndicats. Quant au secondaire, la situation semble des plus alarmantes, le SNES ayant même employé le terme de « scénario-catastrophe » pour la caractériser. Pour faire le point, revenons tout d’abord aux chiffres officiels.

Les chiffres du ministère

Si l’on regarde les études statistiques(1) du ministère de l’Education nationale, voici ce que l’on peut lire au sujet des besoins dans l’enseignement secondaire :
Les besoins en personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation dans le second degré public entre 2004 et 2011 :
Entre les rentrées scolaires 2004 et 2011, l’enseignement du second degré public aura besoin par an, en moyenne, de 18 300 nouveaux enseignants, 250 conseillers principaux d’éducation et 180 conseillers d’orientation-psychologues. » Les besoins sont calculés en fonction d’un « scénario unique », qui compte sur une décroissance incessante du nombre des élèves :
2002-2011 décroissance des effectifs du second degré jusqu’en 2009 :
« Un scénario unique de projection est étudié à l’horizon 2011. Il est essentiellement basé sur une prolongation des principales tendances observées à l’heure actuelle. Lors des dix prochaines années, dans les établissements scolaires publics et privés relevant de l’Éducation nationale, les effectifs d’élèves devraient connaître une baisse importante, estimée à – 206 000 élèves. »



Le nombre de postes proposés

Pour 2004, 15 000 postes d’enseignants seront mis au concours (ce qui donc est inférieur aux chiffres mentionnés plus haut).
Pour le SNES(2), « de telles perspectives ne permettr[ont] pas de remplacer les départs en 2004, pour l’essentiel des départs en retraite qui, selon les prévisions, s’élèveront à plus de 16 600 », considère Denis Paget, co-secrétaire général du SNES-FSU. « Il faudrait annoncer le recrutement d’au moins 18 000 enseignants ou faire des listes complémentaires », ajoute-t-il.
La CGT-Education(3) estime que pour le second degré « ce seront des fermetures d’options, de classes et de sections, dans les lycées, des DHG qui ne permettront pas d’assurer tous les enseignements obligatoires dans les collèges ». Pour le premier degré, la dotation « ne permettra pas de faire face aux évolutions démographiques attendues et encore moins à répondre aux nombreux besoins, qu’il s’agisse des remplacements et de la formation continue des maîtres, de l’adaptation et de l’intégration scolaire, de l’enseignement des langues, de la scolarisation des 2 ans, des moyens pour la direction d’école… »
Le SNUipp, quant à lui, rejoint en cela par le SNALC, affirme que les 1.460 postes d’enseignants dans les écoles primaires « ne vont pas permettre de faire face à la hausse des effectifs » d’élèves prévue à la rentrée 2004. (Source AFP)

Difficultés concrètes..



La FCPE(4), fermement opposée elle aussi à ces effectifs, a divulgué une note du recteur de l’académie de Lyon aux chefs d’établissement, datée du 23 octobre dernier, où il reconnaît que « dans les disciplines enseignantes déficitaires, [il]n'[est] plus en mesure de faire systématiquement appel aux agents contractuels, en l’absence de titulaires sur zone disponibles. Cela signifie, dans ce cas, que le remplacement ou la suppléance inférieure ou égale à un mois ne sera plus assuré ».


La dotation 2004 est donc source d’épineux problèmes. En outre par exemple, si le nombre d’élèves baisse en collège, ce n’est pas du tout le cas en lycée, où l’on compte plus 8000 élèves. (Le Monde) Ce qui contredit, -pour 2004 en tout cas- le fameux scénario unique.
D’après les calculs des syndicats, le recul des effectifs aboutira inéluctablement à des classes surchargées, à la disparition de certaines options et langues vivantes, et au sacrifice de l’enseignement technique et technologique. Sombre perspective…


 


 


Sandra Ktourza




 


 


(1)www.education.gouv.fr/stateval/revue/revue64/resuef64.htm
(2)forum-enseignants.ouvaton.org/article.php3?id_article=28


(3)www.unsen.cgt.fr/default_zone/documents/rentr_e_scolaire_2004.pdf
(4)forum-enseignants.ouvaton.org/article.php3?id_article=28

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