« Le voile, c’est la prohibition de la mixité ! », estimait récemment Hanifa Cherifi devant un parterre de sénateurs. Depuis la publication du rapport Stasi sur la laïcité, cette femme de conviction – revendiquant autant son engagement républicain que ses traditions musulmanes et sa culture berbère – défend sans relâche le bien-fondé d’une loi visant à interdire le port « ostensible » de signes religieux à l’école. « Pas une loi d’exclusion ou de sanction, précise-t-elle, mais une loi qui protège les jeunes filles [à l’école] des pressions extérieures des groupes que nous avons identifiés comme des groupes politico-religieux ».



Membre du Haut conseil à l’intégration, Hanifa Cherifi a pris ses fonctions au ministère de l’Education nationale en 1994. Chargée de mission à la direction des affaires juridiques, elle organise le dialogue entre les élèves musulmans et les personnels enseignants sur les manifestations de signes religieux à l’école. En 2003, elle a co-écrit avec Roger Fauroux, ancien ministre de l’Industrie, « Nous sommes tous des immigrés », paru aux éditions Robert Laffont. Les deux auteurs y pointent notamment les lacunes de l’école républicaine en matière d’intégration.