La démarche


 


La VAE permet d’acquérir un large éventail de diplômes, de titres ou de certificats de qualification : CAP, BEP, bac professionnel ou diplômes universitaires.


 


Les jurys de validation sont composés à la fois d’enseignants et de professionnels, nommés en fonction de leurs compétences, de leurs aptitudes et de leurs qualifications, par les chefs des établissements décernant les diplômes : proviseur ou principal pour l’enseignement secondaire, président d’université pour l’enseignement supérieur. C’est donc auprès d’eux que les enseignants souhaitant faire partie d’un jury doivent faire acte de candidature, la plupart du temps par simple lettre de motivation.


 


Le décret n° 2002-590 du 24 avril 2002 précise également que la constitution des jurys doit s’efforcer d’assurer une représentation équilibrée entre hommes et femmes. Pour le reste, la marge de manœuvre est importante au sein de chaque établissement : nombre de sessions chaque année, indemnisation éventuelle des jurés et durée des mandats varient selon les cas. Seule constante : entre l’étude des dossiers et les entretiens de validation proprement dits, l’appartenance au jury demande une réelle motivation.


 


Le témoignage


 


Directeur national des formations au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), où il tient la chaire de chimie industrielle, Alain Delacroix était déjà partie prenante dans la valorisation des acquis de l’expérience avant même l’officialisation du concept de VAE, il y a un an : « Je suis président de jurys d’ingénieurs diplômés par l’Etat depuis très longtemps. Il faut en effet savoir que depuis la loi de 1934, des gens dépourvus de tout diplôme peuvent devenir ingénieurs, avec un titre tout à fait reconnu, grâce à cette procédure. On expertise leur carrière, on analyse ce qu’ils ont fait, on mesure leurs connaissances. Un parallèle est établi avec les formations dispensées en écoles d’ingénieurs et on décide de diplômer ou non. C’était donc de la VAE avant l’heure ».


 


Quand il s’agit d’évoquer ce qui l’a poussé à intégrer ce dispositif, Alain Delacroix hésite entre hasard et nécessité : « Très prosaïquement, je pense qu’un collègue a dû me demander un jour de faire partie d’un jury de ce type, mais j’avoue que je ne présentais aucune prédisposition particulière. A ceci près que les cours que je dispensais au Cnam m’amenaient à côtoyer des élèves ayant une expérience professionnelle importante, ce qui influe évidemment sur la façon d’enseigner. Cela fait un peu partie des chromosomes de la maison ! »


 


Une bonne décennie plus tard, l’ingénieur chimiste est désormais directeur national des formations au Cnam, et président du jury de la VAE dans le domaine des sciences et techniques industrielles. Et il se montre intarissable sur ce que lui apporte son engagement : « Humainement, j’en ai retiré beaucoup de choses. C’est pour cela que je tiens énormément à la valorisation des acquis de l’expérience. Je pense que c’est dans cette filière que j’ai croisé les gens les plus brillants. Ils ne sont pas tous comme ça, bien sûr. Mais par le biais de l’expérience professionnelle, on peut acquérir des compétences extraordinaires. »