Présentation du projet Deutschmobil

Les chiffres sont parlants : un élève sur dix choisit l’allemand première langue à l’entrée en 6e, et 78% des élèves de primaire font de l’anglais (source Le Monde de L’Education). Pour lutter contre le désintérêt des élèves, un dispositif original a été mis en place en 2001 par la Fédération des Maisons Franco-Allemandes : le Deutschmobil. Il s’agit d’un mini-bus, conduit par un lecteur ou une lectrice allemands, qui parcourt les routes de France à la rencontre des établissements. Six lecteurs interviennent actuellement (1), travaillant en étroite collaboration avec les académies. Cette initiative est placée sous le patronage de Luc Ferry, ministre de l’Education nationale et de Peter Müller, ministre-président de la Sarre et Plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne pour les relations culturelles franco-allemandes. Financé par des fonds privés, le projet touche pourtant directement les établissements publics. Les professeurs d’allemand qui le désirent font appel aux lecteurs du Deutschmobil, qui arrivent avec leur bus, rempli de matériel pédagogique, pour présenter l’allemand aux élèves de façon moderne et ludique.


Concrètement, comment ça se passe ?

Guido Bongard, lecteur responsable du Deutschmobil Paris, rattaché à la maison Heinrich Heine, nous explique la façon dont se déroule ses interventions en classe. Sur demande d’un professeur d’allemand, il peut intervenir devant une classe de 5e, pour motiver les élèves dans le choix de l’allemand langue vivante 2. Et aussi en CE2, ou en CM2 pour le choix de la langue 1 en 6e. Le courant passe bien en général avec les élèves, rapporte Guido. Et la demande des établissements est très forte. Mais attention : toutes les académies ne sont pas concernées et surtout le lecteur ne peut intervenir que lorsqu’on fait appel à lui. Sur Paris par exemple, Guido intervient beaucoup plus dans les quartiers favorisés, là où il existe une possible demande. De même en banlieue : le lecteur est beaucoup plus sollicité à Versailles qu’à Saint-Denis… De plus, lorsque les établissements ont déjà décidé de la fermeture de classes de langues, le lecteur ne peut pas grand chose. Et certains chefs d’établissement ne réservent d’ailleurs pas toujours un bon accueil aux lecteurs, indésirables quand des projets de fermeture de classe de langues sont en cours.

Les résultats

Cependant, les résultats sont très encourageants : depuis janvier 2001, date du lancement de l’opération, les effectifs des établissements visités ont augmenté en moyenne de 25% pour les élèves en LV1, et de 50% pour les élèves en LV2. C’est pourquoi le nombre de lecteurs est passé de 4 en 2001 à 6 cette année, la plus récente antenne étant celle de Paris, ouverte à la rentrée. Mais des inquiétudes existent quant à la poursuite du projet : financé pour l’instant jusqu’en juin 2004, jusqu’où se poursuivra-t-il ? Cette initiative franco-allemande sera-t-elle abandonnée ? D’autant qu’elle est parallèle à celle des FranceMobiles, les bus pour promouvoir le français, qui sillonnent l’Allemagne…


(1) sur les académies de Montpellier, Nantes, Dijon, Paris et Ile-de-France, Bretagne et Aix-en-Provence.
(2) www.deutschmobil.com/