Verbatim…


 


Réforme des IUFM ?
(…) « Je ne parle pas de réforme des IUFM, je préfère parler de l’évolution de la formation des maîtres. Cette évolution est voulue par la majorité des directeurs d’IUFM, je dirais même qu’elle fait l’unanimité. Elle est également voulue par les formateurs. Simplement parce qu’elle correspond à une évolution naturelle de la société.
Cette évolution doit intervenir dans le cadre d’un continuum. Nous sommes tous d’accord pour dire aujourd’hui que le métier d’enseignant est un métier qui s’apprend ! Et dans ce domaine, il y a deux composantes : d’une part, la composante disciplinaire, à laquelle je suis très attaché – je suis moi-même professeur d’université, j’enseigne toujours – et d’autre part, une composante pédagogique. Ces deux composantes sont indispensables. Autant que faire ce peut, il faudrait qu’elles interviennent dès le début de l’apprentissage du métier, ce qui n’est pas totalement le cas pour l’instant. C’est ce que nous souhaitons corriger, sans toucher à la partie disciplinaire, en instaurant des modules de sensibilisation (NDR : pédagogique), dès les trois premières années d’université, de connaissance du système éducatif, de connaissance de la psychologie de l’adolescent, que sais-je encore… »



Ecole normale versus IUFM
« En matière de recrutement, je ne crois pas que l’on puisse faire de comparaison entre les IUFM et l’Ecole normale, qui recrutait au niveau bac ou bac +2. Le monde a changé, il faut le dire très clairement : les élèves zappent devant leur télévision, ils sont parfois en mesure de mettre leurs professeurs en difficulté… Tout cela n’existait en rien, il y a 30 ou 40 ans ! C’était beaucoup plus tranquille : il y avait le maître d’un côté, l’élève de l’autre ! Nous ne sommes plus dans la même situation. Il y a une double exigence pour les futurs professeurs : avoir une solide assise scientifique et savoir être le maître dans la classe. »



Profs = Bac +5
« Sans ambiguïté, l’harmonisation des cursus européens doit se traduire par une « diplômation » des professeurs à un niveau Mastère (NDR: bac+5). C’est tout simplement naturel : les professeurs qui sortent des IUFM ont étudié 5 ans après le bac. Aujourd’hui, leur diplôme n’a qu’un niveau bac+3, j’estime que c’est une grande injustice. C’est de plus préjudiciable pour nos jeunes professeurs qui souhaitent aller enseigner dans l’Union européenne. »



Polémique en librairie
(NDR: à propos du « Journal d’une institutrice clandestine » de Rachel Boutonnet). « Ce n’est pas seulement un réquisitoire contre la formation à l’IUFM… Elle signale des problèmes avec ses collègues, elle explique qu’elle leur cache la couverture des documents qu’elle utilise et qu’elle efface soigneusement le tableau avant de sortir de sa classe… Elle évoque également des problèmes avec le corps d’Inspection – tout à fait indépendant, je le rappelle, des IUFM – qui désapprouve ses méthodes. Elle signale enfin des problèmes lors de sa formation en IUFM. Bref, elle évoque des problèmes avec l’ensemble du système éducatif… Alors, je m’interroge ! » (…)


                                          Entretien: Gilles Raillard