Vaincre l’ennui des élèves


Des solutions existent ! Témoignages.

« Dans la haine » : l’origine étymologique du mot ennui (« In odium » en latin) en dit long sur le potentiel dévastateur de ce phénomène. Or, 85% des jeunes enseignants se disent confrontés à un manque d’intérêt de leurs élèves en classe. Le 14 janvier dernier, le Conseil national des programmes (CNP) a d’ailleurs consacré un colloque au thème de « l’ennui à l’école ».


 


Décalages


 


Stéphanie Leloup est une jeune professeur d’économie et de gestion, docteur en sciences de l’éducation et auteur d’une thèse sur le sujet (1). Constatant que l’ennui est issu du décalage entre ce que l’élève attend de l’école et ce qu’il vit en classe, elle propose d’agir soit sur les attentes des jeunes, soit sur les méthodes utilisées en classe. Il s’agirait par exemple de rendre le cours plus intéressant en ayant recours aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ou à la pédagogie par projet.
« Dans le cadre de l’apprentissage d’un logiciel de traitement de texte, »explique-t-elle, « il m’arrive de donner des exercices consistant à rédiger des notes de service. Pour que ceux qui ont fini en premier ne s’ennuient pas en attendant les autres, je leur donne alors des consignes pour préparer un document dont a besoin le secrétariat du lycée. Ils travaillent dessus, puis vont le remettre eux-mêmes au secrétariat ! Cela les valorise et les motive de pouvoir faire un travail qui va être utilisé concrètement. »

Un savoir ouvert sur la vie sociale

François Flahault, chercheur et écrivain français (2), auteur d’une intervention lors du colloque sur l’ennui à l’école, dresse un constat voisin : « Je pense qu’il y a un malentendu entre l’institution scolaire, pour qui le savoir est une fin en soi, et les enfants, pour qui le savoir est désirable s’il est en relation avec leur vie, avec les réalités auxquelles ils sont confrontés. Il faudrait travailler sur cette relation entre savoir et réalité, car souvent les élèves demandent : A quoi ça sert d’apprendre ça ? »
L’écrivain suggère donc, quand cela est possible, de faire venir dans la classe des intervenants extérieurs dont l’activité professionnelle est en rapport avec la matière enseignée.



Apprendre par l’image


Jacques Birouste, professeur de psychologie et directeur du laboratoire Génie des procédés symboliques à l’Université de Montpellier 1, préconise quant à lui une pédagogie active : « Quand je sens que les élèves s’ennuient, je multiplie les études de cas et les jeux de rôle : je les pousse à incarner des situations avec des prises de responsabilités. Quand on ne leur demande pas uniquement de consommer un savoir abstrait, ils ne renâclent ni à l’effort ni à la concentration. J’essaye d’ailleurs autant que possible de mettre à leur disposition des expressions de la vie quotidienne à l’extérieur de l’université afin qu’ils se sentent concernés » conclut-il. « .


 


                                                                 Hanna Waar


(1) « L’ennui des lycéens : Du manque de motivation au décalage des attentes » par Stéphanie Leloup


(2) « Le sentiment d’exister. Ce soi qui ne va pas de soi », François Flahault, Descartes et Cie, 2002

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