Laïcité: L’Enseignement catholique estime qu’une loi interdisant le port des signes religieux à l’école serait conjoncturelle et ne pourrait rien régler

''Mieux vaut éduquer les consciences que légiférer à tout prix'', estime Paul Malartre, secrétaire général de l'Enseignement catholique

« L’Enseignement catholique estime qu’actuellement une loi interdisant le port des signes religieux à l’école serait conjoncturelle et ne pourrait rien régler », a indiqué Paul Malartre, secrétaire général de l’Enseignement catholique, le 17 novembre 2003. Cette position a été prise le 14 novembre dernier par l’ensemble des responsables de l’Enseignement catholique, des présidents des syndicats de chefs d’établissements et des personnels, des représentants des parents d’élèves, des gestionnaires et des responsables de congrégation, signale-t-il. « Mieux vaut éduquer les consciences que légiférer à tout prix. Nous préférons un ‘cahier de la laïcité’ ou la publication d’une circulaire qui rappellerait l’obligation d’assiduité à tous les cours et l’interdiction du port de signes ostentatoires, et même un point sur la laïcité dans la prochaine loi d’orientation préparée par le Débat national sur l’avenir de l’école auquel l’Enseignement catholique participera activement », signale-t-il. « En renvoyant toutes les différences à la sphère privée, on court le risque d’une radicalisation encore plus forte d’expressions communautaristes, par provocation. »


 


« Le fait qu’il n’y ait pas eu d’unanimité au sein de la mission Debré sur l’exclusion de l’Enseignement catholique d’une loi interdisant le port de signes religieux à l’école a été pour nous une grande surprise », indique Paul Malartre. « Dans les propos de certains députés de la mission Debré ont resurgi des arguments que l’on croyait rangés dans les placards de l’histoire, comme l’idée que si les établissements de l’enseignement cathodique sous contrat reçoivent des fonds publics, ils doivent se plier comme les autres », s’étonne Paul Malartre, alors que « l’Enseignement catholique revendique de participer au service public d’éducation et est reconnu comme tel ». « Il y aurait pour nous une grave remise en cause de la loi Debré de 1959 qui, articule cette participation au service public d’éducation à la reconnaissance dans l’article 1 de la ‘spécificité propre’  » de l’Enseignement catholique. Le risque serait que l’Enseignement catholique devienne « un réseau d’établissements parallèle à l’enseignement public et indifférencié », avec « un risque d’atteinte à la liberté de choix des familles reconnu par la Constitution et réaffirmé à plusieurs reprises par le Conseil d’État », estime Paul Malartre.


 


« Nous espérons que le Débat national sur l’avenir de l’École permettra de travailler sur les facteurs d’exclusion qui conduisent à des affaires de voile; il faut travailler à la notion de communauté éducative, pluraliste et ouverte sur le monde, sur la société ». « Loi ou pas loi, l’Enseignement catholique ne sortira pas indemne du débat actuel, et peut-être devra-t-il infléchir sa position et adopter une plus grande rigueur disciplinaire si nous en ressentons le besoin », conclut Paul Malartre.

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