Les propos de l’interview de Rachel Boutonnet sont excessifs – l’IUFM
mérite certes de sévères critiques si l’on apprécie son efficacité au
travers des connaissances pédagogiques et des comportements dans les classes
de certains jeunes professeurs tout juste sortis de formation (je parle ici
des collèges) – mais aller jusqu’à dire que « ce qui est savamment organisé à
l’IUFM c’est un enseignement de l’ignorance » , ou encore « l’IUFM semble
travailler à répandre l’ignorance le plus efficacement possible » et cela en
argumentant essentiellement son propos sur une critique implicite des
méthodes consistant à mettre en place une « démarche d’apprentissage » ou une
« capacité à construire ses savoirs de façon autonome » , c’est hurler avec
les éléments les plus rétrogrades du corps professoral pour lesquels toute
démarche de construction de la connaissance est antinomique de
l’accumulation de connaissances dont le volume final serait le seul critére
de la réussite d’un parcours scolaire….

Réfléchir ensemble sur l’évolution nécessaire des pratiques de l’IUFM ,cent fois d’accord. Mais rejeter les acquis des sciences de l’éducation sous le seul prétexte qu’ils ont mal été assimilés et appliqués par des formateurs peut être recrutés sans qu’on se soit toujours assuré de la qualité de leur compétence cela me paraît un peu court…. et , pour parler franchement , malhonnête. C’est dommage , notre jeune collègue paraît avoir du caractère et sa pugnacité serait bien mieux employée dans une démarche constructive plutôt que dans ce qui m’apparaît – en tout cas au travers de
l’interview – être une entreprise de démolition systématique et sans nuance.


Si le livre est de cette veine je n’ai aucune envie de perdre mon temps à
le lire !