Formation IUFM

Je viens de lire l’article de Sandra Ktourza à propos de la formation IUFM de Rachel Boutonnet.







J’ai suivi ma formation IUFM en 1994-95.




Cette analyse bien que pointue et incomplète est juste.





L’IUFM cultive en effet le vide, sous une ambiance dictatoriale.




Je saisirai toutes les occasions pour dénoncer cet institut, géré de façon lamentable, et qui est dans sa forme actuelle, encore pire qu’inutile, négatif.







Voici mon expérience et mes arguments en vrac.





· Le rêve :







Enseigner est un métier ô combien passionnant mais difficile. Avant mon entrée à l’iufm je me réveillais avec des frissons de bonheur, dans l’idée d’apprendre aux autres, et de pratiquer ce métier.





Sorti frais moulu de la fac, avec une dernière année très difficile, j’étais un peu sur mon nuage. 22 ans jamais redoublé. Ado plutôt facile j’avais oublié les autres types d’ados.





En entrant à l’iufm, je pensais : « j’ai fait le plus dur, je vais être épaulé maintenant, je vais me régaler ».





Je voyais cette formation d’abord comme pratique (comment faire un cours …) puis ensuite plus théorique (la psychologie des ados…).





· La réalité :







La rentrée n’est pas préparée. On nous dit de prendre nos élèves et que l’on verra après …





La pause café dure 1h…





On ne peut pas nous montrer un cours type … pour ne pas nous donner de mauvaises habitudes





On casse l’esprit d’initiative : j’ai proposé un cours que j’avais fait pour une classe. J’ai été démoli : pas assez ceci…trop cela… tu ne seras pas validé si ça continue…





Le problème de base est que le contenu est vide… il est comblé par des réunions interdisciplinaires qui n’ont aucun sens et partent en vrille au bout d’une heure, de longues pauses, des séances de présentations interminables.





Les photocopies inutiles, de mauvaise qualité s’entassent.





On ne me donne pas de références sur la pédagogie, la psychologie, la méthode.





On fait croire qu’enseigner ne peut s’expliquer, que ça va venir.





On me fait perdre mon temps et mon argent : combien de réunions excentrées, de déplacement pour pas grand-chose, de pistes nulles et irréalisables.





Les enseignants qui sont là ne sont pas motivés : ils n’ont plus leurs élèves et c’est le principal. Et moi ?





On nous fait faire un mémoire avec des thèmes que nous choisissons mais dont l’intérêt est souvent très faible (comment choisir quand on ne connaît pas ?)







C’est tout l’inverse que j’essaie de proposer maintenant à mes élèves : rigueur, intérêt pour le travail et la matière, dynamisme, méthode, références, réflexion, utilisation d’outils, raisonnement logique.





Ca ne marche pas toujours, mais ….







· Le remède :







2 points positifs : l’institut existe et nous permet de faire 2 stages devant des élèves.





Instaurer un programme d’apprentissage qui démarrerait absolument avant la rentrée scolaire (une semaine avant par exemple !!)







Se donner des étapes et des échéances afin de stimuler notre rigueur.





Donner des méthodes à tester, des conseils et les évaluer.







Donner des exemples concrets.





Rester simple.





Nous donner un « pack » de livres pour démarrer.




Etre là pour nous aider, et pas pour se planquer.




…







Voila. Je pourrais même leur faire leur programme. Depuis le temps que je bataille…pour mes élèves et pour moi.





Depuis 2 ans ça va mieux, mais j’en ai bavé.

Je viens de lire l’article de Sandra Ktourza à propos de la formation IUFM de Rachel Boutonnet.

J’ai suivi ma formation IUFM en 1994-95.
Cette analyse bien que pointue et incomplète est juste.

L’IUFM cultive en effet le vide, sous une ambiance dictatoriale.
Je saisirai toutes les occasions pour dénoncer cet institut, géré de façon lamentable, et qui est dans sa forme actuelle, encore pire qu’inutile, négatif.

Voici mon expérience et mes arguments en vrac.

· Le rêve :

Enseigner est un métier ô combien passionnant mais difficile. Avant mon entrée à l’iufm je me réveillais avec des frissons de bonheur, dans l’idée d’apprendre aux autres, et de pratiquer ce métier.

Sorti frais moulu de la fac, avec une dernière année très difficile, j’étais un peu sur mon nuage. 22 ans jamais redoublé. Ado plutôt facile j’avais oublié les autres types d’ados.

En entrant à l’iufm, je pensais : « j’ai fait le plus dur, je vais être épaulé maintenant, je vais me régaler ».

Je voyais cette formation d’abord comme pratique (comment faire un cours …) puis ensuite plus théorique (la psychologie des ados…).

· La réalité :

La rentrée n’est pas préparée. On nous dit de prendre nos élèves et que l’on verra après …

La pause café dure 1h…

On ne peut pas nous montrer un cours type … pour ne pas nous donner de mauvaises habitudes

On casse l’esprit d’initiative : j’ai proposé un cours que j’avais fait pour une classe. J’ai été démoli : pas assez ceci…trop cela… tu ne seras pas validé si ça continue…

Le problème de base est que le contenu est vide… il est comblé par des réunions interdisciplinaires qui n’ont aucun sens et partent en vrille au bout d’une heure, de longues pauses, des séances de présentations interminables.

Les photocopies inutiles, de mauvaise qualité s’entassent.

On ne me donne pas de références sur la pédagogie, la psychologie, la méthode.

On fait croire qu’enseigner ne peut s’expliquer, que ça va venir.

On me fait perdre mon temps et mon argent : combien de réunions excentrées, de déplacement pour pas grand-chose, de pistes nulles et irréalisables.

Les enseignants qui sont là ne sont pas motivés : ils n’ont plus leurs élèves et c’est le principal. Et moi ?

On nous fait faire un mémoire avec des thèmes que nous choisissons mais dont l’intérêt est souvent très faible (comment choisir quand on ne connaît pas ?)

C’est tout l’inverse que j’essaie de proposer maintenant à mes élèves : rigueur, intérêt pour le travail et la matière, dynamisme, méthode, références, réflexion, utilisation d’outils, raisonnement logique.

Ca ne marche pas toujours, mais ….

· Le remède :

2 points positifs : l’institut existe et nous permet de faire 2 stages devant des élèves.

Instaurer un programme d’apprentissage qui démarrerait absolument avant la rentrée scolaire (une semaine avant par exemple !!)

Se donner des étapes et des échéances afin de stimuler notre rigueur.

Donner des méthodes à tester, des conseils et les évaluer.

Donner des exemples concrets.

Rester simple.

Nous donner un « pack » de livres pour démarrer.
Etre là pour nous aider, et pas pour se planquer.
…

Voila. Je pourrais même leur faire leur programme. Depuis le temps que je bataille…pour mes élèves et pour moi.

Depuis 2 ans ça va mieux, mais j’en ai bavé.

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