Quand cahier rime avec clavier

Expérimenté dans l’académie de Lille, le dispositif des classes pupitres préfigure, pour ses partisans, l’école de demain : un ordinateur par élève, tous reliés en réseau sous le pilotage du poste de l’enseignant. Cette évolution n’est pas sans conséquence sur les méthodes pédagogiques.

Lancé modestement par l’académie de Lille durant l’année scolaire 1998-1999 (six classes de primaire et six classes de collège furent équipées), le programme « Vers le pupitre du XXIème siècle » jouit aujourd’hui d’un beau succès : plusieurs dizaines d’écoles primaires et de collèges sont concernés. A chaque fois, les établissements sont choisis en fonction de la motivation des équipes enseignantes. A terme, l’objectif est d’étendre ce dispositif à l’ensemble des établissements de l’académie. Pas question, toutefois, de maintenir les enfants toute la journée devant leur écran. Le protocole prévoit que l’informatique soit utilisée environ deux heures par jour.

Un outil au service de l’apprentissage

Avec sa classe de CM2 du groupe scolaire Charles de Gaulle, à Proville, Jacques Bougenière considère claviers, écrans et imprimantes comme des outils pédagogiques, au même titre que livres et cahiers : « Nous utilisons l’informatique dans pratiquement toutes les disciplines, par exemple dès que nous avons une recherche particulière à effectuer. L’ordinateur peut aussi remplacer le livre d’exercices, en maths ou en orthographe. L’un des avantages des classes pupitres, c’est qu’elles permettent aux enfants défavorisés d’aborder un univers qui leur resterait étranger sans cela. » Mais si l’outil est banalisé, la principale erreur consisterait à ne rien changer dans ses méthodes pédagogiques : « Il n’est pas question de faire la même chose qu’auparavant, avec simplement l’ordinateur en plus. Il faut profiter de ce passage à l’informatique pour modifier sa façon de travailler, en particulier en termes d’individualisation du travail des élèves. »

Une nécessaire remise en cause

Pour Roger Goulois, instituteur en CM2 à l’école Jean Jaurès de Liévin, l’ordinateur modifie effectivement en profondeur le comportement des écoliers : « Ils sont beaucoup plus autonomes, responsables et motivés. Chaque enfant travaille à son niveau, à son rythme. » Autre effet de l’informatique, c’est purement et simplement le statut du maître qui se trouve remis en cause : « On enseigne différemment. Lorsque les élèves disposent de banques de données, et que tous ne travaillent pas simultanément sur le même sujet, vous ne pouvez plus être le maître omniscient. Je dois admettre que je vais devoir travailler et réfléchir en même temps qu’eux, et je dois leur dire. Je n’ai plus de réponses toutes prêtes à toutes leurs questions. » Mais si cette nécessaire remise en cause n’est pas forcément de tout repos, aucun des deux enseignants ne voudrait revenir en arrière.

En savoir plus

De nombreux sites sont consacrés aux classes pupitres :

– Celui de l’académie de Lille : www2.ac-lille.fr/pupitre

– Elèves et enseignants des classes pupitres créent des sites consacrés à leur expérience. Ainsi, la classe de Roger Gouloy : www.jaures.pupitre.firstream.net

– Le groupe scolaire Charles de Gaulle, de Proville, est également présent sur la toile : cliquez ici

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