Comment avez-vous été amené à scolariser une jeune fille handicapée ?


 


« Justine est âgée de six ans. Elle allait déjà à l’école en maternelle. Elle devait donc logiquement être scolarisée dans mon établissement. La psychologue scolaire m’a parlé de son cas et je me suis rendu à une réunion du Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) qui avait justement pris en charge Justine. J’ai été vite convaincu.


 


Avez-vous rencontré des difficultés pour son intégration ?


 


Justine ne souffre d’aucune déficience mentale. Elle est même plutôt précoce intellectuellement. Mais elle est atteinte d’une maladie musculaire qui l’a empêchée de marcher jusqu’à l’année dernière. Cette année, elle peut se déplacer. Mais sa motricité est réduite : elle ne peut pas se relever quand elle est assise ou quand elle tombe. Elle ne peut pas non plus serrer un stylo dans ses doigts. Malgré ce handicap, nous n’avons eu aucune difficulté à assurer son intégration dans la classe. Comme elle était déjà scolarisée, elle a retrouvé ici plusieurs de ses camardes de maternelle, ce qui l’a aidée. En revanche, elle doit être accompagnée en permanence. Elle a toujours besoin que quelqu’un soit avec elle, pour aller aux toilettes, pour manger, etc.


 


Comment vous-êtes vous organisés de ce point de vue ?


 


J’ai fait appel à toutes les bonnes volontés ! A la réunion de pré-rentrée, j’ai commencé par demander à l’équipe enseignante s’il y avait un professeur volontaire pour prendre en charge Justine dans sa classe. L’un des maîtres s’est tout de suite déclaré motivé par le projet. Il n’était absolument pas formé, mais il a appris sur le tas, comme nous tous !


 


Bénéficiez-vous d’aides extérieures ?


 


Oui, je dispose à l’heure actuelle de trois auxiliaires de vie scolaire, qui effectuent chacune un tiers temps. Ces jeunes femmes sont formées à l’accueil et à l’aide des jeunes handicapés. Elles dépendent de l’Union des associations de personnes handicapées de l’Aisne. Mais elles ne sont là que jusqu’au 30 septembre. Après, tout va changer : les auxiliaires de vie passeront dans le giron de l’Education nationale et deviendront des assistants d’éducation spécialisés. Puisque tout se passe bien avec Justine, puisque que le maître a mis en place une forme de tutorat dans la classe, et puisque les élèves l’aident beaucoup, je me suis résigné à ne demander qu’un poste d’assistant d’éducation à mi-temps. »

                                              Recueilli par Hanna Waar


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