Profs sans frontières

De nombreux enseignants souhaitent exercer leur métier hors de nos frontières. Pour y parvenir, plusieurs voies peuvent être empruntées. Elles s’avèrent cependant souvent étroites.

La démarche


 


Partir enseigner à l’étranger peut s’effectuer dans le cadre d’un détachement auprès de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Chaque année, des postes sont ouverts dans les 268 établissements gérés ou conventionnés par cette agence dépendant du ministère des Affaires étrangères. Le statut d’un enseignant employé dans ce cadre peut revêtir deux formes :


– s’il est recruté hors du pays d’affectation, il dispose alors du statut d’expatrié détaché auprès de l’AEFE, qui le rémunère pour une période de 3 ans, renouvelable une fois.


– s’il est recruté directement dans le pays d’affectation, il dispose du statut de résident détaché auprès de l’AEFE. Pour être recruté ainsi, il faut résider dans ce pays depuis au moins 3 mois ou suivre son conjoint qui y exerce.


Dans les deux cas, la procédure à suivre ainsi que les postes à pourvoir sont publiés dans le Bulletin officiel au premier trimestre de l’année scolaire précédant l’emploi.


 


Il est également possible d’enseigner à l’étranger sans passer par l’AEFE, en étant recruté dans le cadre d’un contrat local, c’est-à-dire conforme au droit du pays où il s’exerce. Dans ce cas, l’enseignant est employé par l’établissement scolaire avec lequel il a signé son contrat et doit alors demander une mise en disponibilité de l’Education nationale.


 


Enfin, des affectations sont également possibles dans les Ecoles européennes. Implantés dans des lieux où existent des organismes européens (Bruxelles, Luxembourg…), ces établissements qui dépendent de l’Union européenne dispensent un enseignement spécifique. Les modalités de recrutement dans ces écoles et les postes offerts font l’objet d’une publication annuelle au Bulletin officiel, vers le mois d’avril.


 


Le témoignage


 


Professeur de sciences de la vie et de la terre — il dit encore « sciences nat »—, Jacques Bonnisseau enseigne depuis un an au lycée Rochambault, le lycée français de Washington. « Au départ, j’ai simplement voulu suivre mon épouse, nommée attachée culturelle à l’ambassade. Je me suis donc mis en disponibilité ». Arrivé aux Etats-Unis, il fait acte de candidature auprès de plusieurs établissements, dont le lycée Rochambault, que fréquentent ses enfants. « Une enseignante partait à la retraite, j’ai pris sa succession. Le lycée regroupe des élèves de 47 nationalités. Aux francophones de naissance s’ajoutent les enfants des familles de fonctionnaires internationaux et de diplomates. » L’expérience lui plaît. Sa seule incertitude concerne le statut dont il va hériter :  « Il y a peu, nous bénéficiions encore du statut de résidents. Mais la convention qui liait le lycée à l’AEFE vient d’être résiliée. En principe, nous devrions devenir détachés administratifs. Mais pour l’instant nous sommes en attente, car nous n’avons pas encore réintégré le giron de l’Education nationale. »

                                                Patrick Lallemant


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Chiffres clés

3160 dans le premier degré, 4450 dans le second degré : au total, 7610 enseignants de l’Education nationale font l’objet d’un détachement à l’étranger. Mais la durée d’une mission dans un pays pouvant aller jusqu’à six ans, le nombre d’élus reste faible chaque année : seules 180 des 5385 demandes adressées à l’AEFE en 2001 ont été retenues !

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