Les enseignants d’Aubervilliers justifient l’exclusion des deux élèves voilées

Alma et Lila se sont exclues elles-mêmes en faisant un choix que même leur religion ne leur impose pas, celui de porter le voile à l'école, estime Lise Tchao.

« L’école laïque doit accueillir tout le monde, mais pas les marques ni les symboles de l’oppression de la femme », affirmait Lise Tchao, professeur de Lettres au lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers, le 16 octobre 2003, lors d’une conférence de presse organisée avec d’autres enseignants du lycée, dont deux élèves ont été exclues parce qu’elles portaient le voile. L’UFAL (union des familles laïques), la Coordination des 5 appels pour une loi contre les signes religieux à l’école et Chahdortt Djavann, romancière iranienne auteur de « Bas les voiles! », étaient également présents. « Pour nous, le voile n’est pas simplement une question de quelques centimètres de tissu en plus ou en moins: c’est un symbole de l’oppression des femmes », poursuit l’enseignante. « La meilleure façon de défendre les filles contre les pressions [de la famille et du quartier] est d’interdire le voile à l’école. Sinon, le nombre de filles voilées va augmenter, au lieu de diminuer comme le prétendent ceux qui pensent que l’école peut, en tolérant le voile, aider les filles voilées à s’émanciper », assure-t-elle, précisant: « le meilleur moyen de les émanciper, c’est que l’école soit un espace de liberté où personne ne peut leur imposer le voile. Pour une qui le porte volontairement, il y en a des dizaines ou des centaines qui ne le portent que contraintes, c’est à celles-là que nous pensons. »


 


Revenant sur l’exclusion des lycéennes, Alma et Lila, vendredi 10 octobre dernier, Lise Tchao estime qu’elles « se sont exclues elles-mêmes en faisant un choix que même leur religion ne leur impose pas, celui de porter le voile à l’école. Car de nombreuses jeunes filles musulmanes ne portent pas le voile. Et le voile est une façon de proclamer qu’il y aurait les bonnes musulmanes voilées, et les autres, les mauvaises filles, qui ne le seraient pas. »

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