Laïcité : suite des auditions de la Commission Stasi

Echos des Auditions de Paul Malartre, du MRAP, du mouvement ''Ni putes, ni soumises'' et de l’UOIF.

« Les textes édictés par le ministère de l’Education nationale et affirmant que les différences ne peuvent être admises dans le cadre de l’école laïque donnent à la laïcité le statut de neutralité réductrice, qui nous paraît artificielle, voire dangereuse », affirme Paul Malartre, secrétaire général de l’Enseignement catholique, lors de son audition au Sénat par la Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République présidée par Bernard Stasi, le 14 octobre 2003. Il ajoute: « L’école doit identifier les différences pour éviter les amalgames et favoriser le dialogue. »


 


Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) « est tout à fait opposé à une loi sur les signes religieux à l’école, qui serait interprétée par la population musulmane comme une stigmatisation supplémentaire alors qu’elle est déjà montrée du doigt. À cela s’ajoutent des difficultés juridiques: le législateur aura la lourde tâche d’établir la frontière entre ce qui relève du prosélytisme et ce qui n’en relève pas. » Tels sont les propos de Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, lors de son audition par la Commission Stasi.


 


« Je considère le voile comme un outil d’oppression. Le port du voile à l’école me pose un vrai problème en tant que femme musulmane pratiquante, car il est une confiscation de la liberté de la femme », déclare Fadéla Amara, présidente du mouvement « Ni putes, ni soumises », regrettant que « l’on parle beaucoup des musulmanes qui revendiquent le port du voile, mais pas de celles qui choisissent de ne pas le porter ». Pour autant, la militante considère qu’il ne faut « pas légiférer tout de suite sur la laïcité, mais d’abord réexpliquer aux jeunes la notion même de laïcité et son histoire en France », ajoutant « qu’aujourd’hui une législation sur la laïcité serait vécue comme une loi contre le voile et par ricochet contre l’islam ».


 


« Les enseignants doivent être vigilants afin que le prosélytisme religieux ne nuise pas à la liberté religieuse, tout en préservant celle-ci », a affirmé Fouad Alaoui, secrétaire général de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), auditionnée par la Commission Stasi. « Il revient aux musulmans d’adopter des attitudes non ostentatoires. Il est possible de porter le foulard discrètement », a-t-il poursuivi, ajoutant cependant qu’ « obliger une fille de 12 ans à porter le foulard n’est pas conforme à la prescription religieuse. Il n’y a pas d’obligation à cet âge ».

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