Le 19 juin 2002, Luc Ferry déclarait que la lutte contre l’illettrisme serait sa priorité. A l’heure des bilans, les résultats ne sont pas très probants : le dédoublement des classes de CP, mis en place en 2002 dans 100 classes difficiles, n’a pas donné grand chose. Cette initiative, qui se poursuit d’ailleurs cette année sur un échantillon de 500 classes, est liée à un avis du Haut Conseil de l’évaluation de l’école, émis en 2001. Il y était affirmé que le dédoublement des classes de CP dans les zones difficiles serait un des meilleurs moyens de lutte contre l’illettrisme.

Un site offciel pour lutter contre l’illettrisme

Ces moyens sont insuffisants, quant on sait qu’en 2002, 15% des élèves(1) entrant en 6e ne savaient pas ou presque pas lire. Devant l’urgence, le ministère de l’Education nationale a mis en place avec le Scéren, un site dédié à la prévention de l’illettrisme : « Bien(!)lire », www.bienlire.education.fr . Ce site destiné aux enseignants comprend des fiches pratiques rédigées par des professeurs pour travailler à l’école, des conseils pour choisir les manuels ou les collections destinées aux tout-petits. Une partie est consacrée également à la lecture en dehors du temps scolaire : dispositifs d’accompagnement, tels que Les clubs Coups de pouce, initiatives en centres de vacances ou de loisirs. Des fiches pratiques sur la relation aux parents sont également en ligne, comme par exemple « Comment informer les parents après une action de dépistage » ou encore « L’impact sur le langage des enfants d’un atelier d’expression pour les mères ». Une riche bibliographie est disponible, ainsi que la liste de structures ressources.

Nouveaux programmes et formation des parents

L’illettrisme est donc au cœur des préoccupations du gouvernement. Les nouveaux programmes(2) de l’école primaire, entrés en vigueur cette année, comprenant 2h à 2h 30 par jour de lecture et d’écriture, vont exactement en ce sens. La formation des parents (3) n’est pas oubliée : « L’aide pédagogique aux maîtres des 3800 CP de France les plus défavorisés sera doublée d’un programme familial pour la réussite des premiers apprentissages de la lecture. Conçue en relation avec l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme(4), cette aide vise des parents qui sont éloignés de l’écrit ». Reste le problème de la formation initiale, dans le cadre des IUFM, qui donne trop peu de place à la lecture et à l’écriture, dans l’apprentissage dispensé aux professeurs des écoles stagiaires. Et la catastrophe de la méthode de lecture globale. « Il est temps de regarder soigneusement et rigoureusement d’où nous vient cette épidémie moderne d’illettrisme. La dénonciation de la lecture globale dans les nouveaux programmes est en effet une bonne analyse. »(5) Dixit Luc Ferry…



                                                               Sandra Ktourza

 


(1)Statistiques publiées dans  » l’état de l’école 2003  » de l’Education nationale.


(2)www.bienlire.education.fr/01-actualite/document/conferencesept03.rtf


(3)idem


(4)www.anlci.fr/


(5)sauv.net/illettferry.php


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