Débat national sur l’avenir de l’école : extraits du document préparatoire au grand débat

D’après ce document, le système scolaire français amplifie l'effet des inégalités sociales entre les élèves.

« L’école n’a pas réussi à corriger les inégalités primitives [sociales entre les élèves]. Elle les a amplifiées. » C’est l’un des « éléments pour un diagnostic de l’école », document général préparatoire au grand débat 2003-2004, établi par le HCEE (Haut conseil de l’évaluation de l’école). Ce document de 112 pages propose un historique du système éducatif et dresse un état des lieux de ses composantes. Il est découpé en 11 chapitres: « Le système éducatif et l’emploi », « le coût du système éducatif », « l’école », « le collège », « les lycées », « l’entrée dans l’enseignement supérieur », « la recherche d’équité », « enseigner, un métier », « les évolutions pédagogiques », « école et société » et « piloter l’école ». En voici des extraits:


 


EMPLOI « Pour les prochaines années, les prévisions de sortie du système éducatif sont estimées autour de 750 000 jeunes par an. (…) Les estimations des besoins en recrutement de jeunes laissent penser que des difficultés d’insertion restent probables globalement. Et si l’offre d’emploi pour les jeunes est effectivement inférieure à la demande, l’insertion des plus faibles sera toujours très délicate et le déclassement persistant. La part actuelle des titulaires d’un niveau V (CAP, BEP) est supérieure aux prévisions de besoins, tandis que celle des niveaux bac et surtout bac+2 et plus est insuffisante. L’augmentation du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur paraît s’imposer comme une exigence forte du développement économique. »


 


MATERNELLE. Le document analyse positivement le choix français de la scolarisation précoce. « L’observation d’un panel d’élèves entré au CP en 1997 montre que plus la fréquentation de l’école maternelle est longue, moins on redouble pour accéder au CE2. Il apparaît globalement que la scolarisation très précoce a un effet significatif mais relativement faible sur le début de la scolarité primaire. Toutes catégories confondues, les élèves des ZEP tirent un meilleur profit que les autres de la pré – scolarisation. » Il souligne néanmoins les disparités existantes entre départements. « La grande diversité de la scolarisation à 2 ans, selon les départements, pose un problème d’égalité : il varie de 4.3% à 76.5% en 1998 »


 


COLLÈGE. Le collège fait l’objet de « questions récurrentes à traiter ». Par exemple: Pourquoi « est-il perçu comme le maillon sensible? » Il est « en quelque sorte coincé entre une école élémentaire qui lui confie tous les élèves avec pour seule condition qu’ils aient effectué 5 ou 6 ans de scolarité et un lycée qui exige un certain niveau de performances à l’entrée ». Autre « question récurrente »: « les coupures à l’entrée et à la sortie du collège sont trop brutales (…). La réflexion s’oriente maintenant dans deux directions : la révision de l’esprit des programmes et la limitation du nombre de professeurs au moins devant les élèves de 6° et de 5°. Le débat sera rude », commente l’auteur du rapport. En outre, « l’articulation entre le collège et les lycées et plus généralement les formations offertes après la 3° n’est pas non plus ressentie comme excellente ».


 


CLIMAT. « Nous avons cité, pour la regretter, l’inexpérience de maîtres très jeunes imprudemment affectés auprès de populations scolaires à risque. Leur enthousiasme, leur disponibilité ne compensent pas toujours une compétence professionnelle en cours de construction. De quelques enquêtes menées, de quelques simples observations dans nos écoles, mais aussi des études conduites sous l’égide de l’OCDE, il ressort que le ‘climat’ au sein des établissements et dans les classes, n’est pas bon en France. Pour des jeunes de quinze ans en 2000, les soutiens dont ils peuvent bénéficier à l’école, la discipline sont notoirement insuffisants ».


 


PERFORMANCE. Le constat, » établi par les études de l’OCDE, avec constance depuis des années, reste vrai en 2002″: « Le milieu socio-économique reste l’un des principaux facteurs qui influencent la performance des élèves. » C’est ainsi que « l’accès aux formations post-baccalauréat n’est ouvert qu’à un peu plus de 30 % des enfants d’ouvriers non qualifiés ou d’inactifs. Mais 80 % des enfants de cadres poursuivent des études supérieures (….) un enfant de cadre présente 4 fois moins de risque de sortir du cursus sans qualification qu’un enfant de parents inactifs ou à faibles revenus (…).

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