« Ce qui est consternant, ce qui est attristant de la part d’un ministre de l’Éducation nationale qui se revendique comme un intellectuel ami de la sagesse, c’est ce manque d’élégance et de rigueur intellectuelle » écrit Jack Lang au sujet de Luc Ferry, dans le livre que l’ancien ministre de l’éducation nationale publie chez Folio (« Une école élitaire pour tous »). « Manque d’élégance, tout d’abord. L’actuel ministre (…) met en cause avec hargne tous ses prédécesseurs. Y compris, suprême raffinement, François Bayrou qui l’avait nommé président du Conseil national des programmes. Manque de rigueur intellectuelle, ensuite. Sa profession d’origine aurait dû l’y conduire. Il se conduit malheureusement en politicien, comme peu d’hommes politiques le font. Sa plus grande imposture est de faire passer les coups qu’il porte contre l’éducation nationale pour des réformes ».


 


« Souvenez-vous de cette pensée de Jean Vilar, qui estimait que la culture devait être un service public au même titre que l’eau et l’électricité… Depuis, on a vu ce qu’il était advenu de l’eau, ce qu’il va advenir de l’électricité! Dans ce contexte, il faudrait être naïf pour croire que l’école est à l’abri de certains appétits, de certaines attaques. Ce gouvernement ne rêve que de liquider des pans entiers de l’État », écrit aussi Jack Lang. Au sujet de la décentralisation, le député PS du Pas-de-Calais estime qu’il s’agit de « démanteler » (…) « ce qui va fatalement aboutir à un appauvrissement de l’école, encore aggravé par les disparités régionales ».


 


Jack Lang développe l’idée qu’ « on ne réforme pas l’école contre les professeurs. Aucun d’entre nous, fût-il ministre, n’a la vérité révélée (…) Il est hélas un poncif très répandu aujourd’hui selon lequel plus la houle est forte, plus la réforme est transformatrice. Comment, mais comment peut-on imaginer transformer l’éducation contre les enseignants? Pourtant, cette idée absurde revient de manière récurrente! ». Et Jack Lang de se féliciter des « résistances et corporatismes ». « Dieu merci, il y a des résistances, car le pouvoir ne doit pas être un pouvoir arbitraire. (…) Quant au corporatisme, terme dont certains affublent, non sans mépris, les organisations syndicales, il n’est pas ce que l’on croit. Etre corporatiste, c’est bien souvent aimer passionnément son métier, le défendre bec et ongles contre ceux qui voudraient, pour atteindre des objectifs purement politiciens, casser, couper, amputer le service public ».