Priorité à l’éducation prioritaire

Alors que l’inégalité des chances a été placée au cœur du débat sur l’école par le premier ministre, une circulaire parue au Bulletin officiel réaffirme le maintien de l’éducation prioritaire et de ses objectifs.

Au B.O. n° 33 du 11 septembre 2003 : Education prioritaire : des objectifs et des méthodes pour lutter contre la fracture scolaire et élaborer les contrats de réussite scolaire


www.education.gouv.fr/bo/2003/33/ MENE0301905C.htm



 


« Nous savons tous que l’égalité de nos enfants n’est plus assurée et que l’école n’assure plus pleinement sa mission de promotion sociale », avait déclaré le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, en ouvrant le débat sur l’école, le 15 septembre dernier. Quatre jours auparavant, une circulaire parue au Bulletin officiel réaffirmait, voire renforçait, les mesures relatives à l’éducation prioritaire, et confirmait le lancement d’une « seconde vague de contrats de réussite scolaire ».


 


Des ZEP aux REP


 


Créées en 1981 par Alain Savary, alors ministre de l’Éducation nationale, les Zones d’éducation prioritaire (ZEP) ont pour objet « la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités sociales devant l’école » et la « démocratisation de la formation scolaire ». En 1998, suite à un rapport qui révélait que plus la taille des ZEP était importante, moins elles étaient efficaces, le gouvernement a mis en place les Réseaux d’éducation prioritaire (REP). Le nombre de ZEP est ainsi passé de 363 en 1981 à 900 aujourd’hui. Parallèlement, le nombre d’élèves concernés s’est accru, passant de 8,3% des écoliers et 10,2% des collégiens en 1981, à 18% des écoliers et 21,5% des collégiens aujourd’hui(1).


 


Cette extension de la carte s’accompagne toutefois de résultats très contrastés d’une zone à l’autre : un établissement sur trois a amélioré les résultats de ses élèves, tandis que dans la moitié des ZEP-REP aucune progression n’a été notée(2).


 


Viser une amélioration des résultats scolaires


 


C’est la raison pour laquelle, dressant le bilan des trois premières années de contrat de réussite scolaire, la circulaire du 11 septembre insiste sur la nécessité de viser une amélioration des résultats scolaires lors de la seconde vague de contrats. Pour cela, elle s’appuie sur « des orientations réaffirmées et des objectifs précisés » : « centrer les activités sur la classe et les apprentissages scolaires » ; mettre l’accent sur « la maîtrise de la langue, de la lecture et de l’écriture », notamment en « cours préparatoire, où le repérage des premiers signes de difficulté et leur prise en charge doivent être assurés sans délai » ; veiller à la transition CM2-6ème et assurer une « orientation positive » ; expliquer aux élèves leurs droits et devoirs via l’éducation à la citoyenneté ; et enfin, inciter les équipes enseignantes à rester en poste le plus longtemps possible. Ce dernier point vient souligner un problème crucial des ZEP-REP, puisque 50% des professeurs changent chaque année, que 70% demandent leur mutation, tandis que dans certains collèges, l’équipe de direction change tous les deux ou trois ans(3).

                                                                     Hanna Waar


 


(1) source Ministère de l’Education


(2) source CNDP


(3) source CNDP

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