Les démarches

Pour devenir formateur en IUFM, un enseignant du second degré, qu’il soit agrégé ou certifié, doit faire acte de candidature auprès de l’établissement qui propose un poste. Chaque année, une note de service publiée au Bulletin officiel donne la liste des postes vacants sur toute la France. Les candidats doivent déposer un dossier de candidature avec CV et lettre de motivation. Les personnes « admissibles » sont auditionnées par un jury. Le candidat classé premier doit donner sa réponse avant huit jours. Sinon, le poste est proposé au second sur la liste.

Le témoignage

Quand Aude Gerbaud tente sa chance, en 2002, elle est en concurrence avec trente autres candidats. « Je suis arrivée deuxième, mais le premier a déclaré forfait, » raconte avec humour cette agrégée de géographie qui travaille aujourd’hui à l’IUFM de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.

Rien, pourtant, ne semblait la prédestiner à ce parcours. A l’université, elle obtient un DEA de géographie et un autre en philosophie. « On n’arrive pas à bien penser sa discipline sans avoir une bonne formation en philosophie, » affirme-t-elle pour expliquer ce double cursus. Elle souhaitait alors s’orienter vers la recherche. Mais elle préfère tout d’abord passer le CAPES, puis l’agrégation. Pour son premier poste, en 1983, elle se retrouve dans un collège difficile, à 150 km de chez elle. Elle pense bien être tombée dans l’« enfer complet ». Heureusement, deux conseillers pédagogiques chargés d’accompagner ses premiers pas l’aident à s’en sortir. A cette occasion, elle trouve même définitivement sa vocation.

Elle enseignera ainsi pendant seize ans, dans des collèges en zone sensible et dans des lycées. Passionnée par son métier, elle se lance dans de nombreuses initiatives pédagogiques. En 1999, alors qu’elle multiplie les innovations au collège et au lycée François Villon à Paris, son travail lui vaut d’être intégrée au dispositif Innovation et valorisation des réussites (Innovalo). Elle y rencontre des formateurs en formation continue des enseignants. Ils lui proposent d’accompagner des équipes de professeurs stagiaires. Elle accepte et finit donc par partager son temps entre l’IUFM de Paris, où elle aide les enseignants à transmettre leurs pratiques et à rédiger des mémoires, et le groupe scolaire François Villon.

C’est ainsi, trois ans plus tard, qu’elle décide de passer définitivement de l’autre côté de la barrière. Avec succès, puisqu’elle obtiendra son poste dès sa première candidature. Depuis deux ans, elle forme donc des professeurs des écoles au programme d’histoire-géographie. Ce qui n’est pas pour lui déplaire : « Certes, je ne connaissais pas ce programme. Mais au collège et au lycée, mes cours ne duraient que 55 minutes et il fallait fractionner mon temps. Je changeais sans arrêt de public et de programme, ce qui est épuisant. Ici, mes cours durent trois heures. J’ai le temps de me poser et de bien faire travailler les élèves ». Contente de son parcours, elle prépare actuellement une thèse en sciences de l’éducation et envisage à terme de devenir maître de conférences…


Hanna Waar