Evaluer sans noter au collège


Une alternative à la notation ? et pourquoi pas.

Convaincu depuis une vingtaine d’années du caractère arbitraire de la notation, Michel Vauquois, professeur de mathématiques au collège de Bû (Eure-et-Loir), a élaboré un système d’évaluation dit des points Lomer. Celui-ci repose sur une grille de compétences à atteindre, sur des résultats transcrits sous forme de points rouges et verts, et sur un convertisseur transformant ces points en une note trimestrielle. Une note attribuée en toute transparence, puisque calculée mathématiquement en fonction des points obtenus.


 


« Pour élaborer ce système, mes collègues et moi nous sommes inspirés des grilles de savoirs et de savoir-faire parfois utilisées au primaire ou dans les lycées professionnels. Nous y avons ajouté les contrôles à la carte et le convertisseur. » Les contrôles à la carte permettent aux élèves de choisir sur quelles compétences ils souhaitent être réévalués, et seul le dernier résultat est pris en compte. « Les élèves sont très demandeurs, poursuit Michel Vauquois. Grâce à la réévaluation, ils ont la possibilité de rattraper leurs erreurs et ils font beaucoup plus attention lorsqu’ils corrigent quelque chose. »


 


La méthode des points Lomer a porté ses fruits : en cinq ans, dans son établissement, une petite vingtaine d’enseignants lui a emboîté le pas, et désormais, toutes les classes sont plus ou moins concernées, de la 6e à la 3e.


 


Valoriser le comportement autant que la production


 


Partant du même constat, Jean-Claude Dastugue, professeur d’anglais dans un collège de Masseube (Gers), a opté pour une autre solution : il attend avant de juger. « Il ne faut surtout pas stigmatiser l’élève ni l’enfermer dans l’échec, mais l’évaluer en termes de progression et créer les conditions de sa réussite avant de le noter », précise-t-il.


 


Depuis dix ans, à chaque rentrée, il fait signer un contrat aux élèves de sa classe de sixième et à leurs parents. Celui-ci indique qu’ils n’auront qu’une seule note aux deux premiers trimestres, en fonction de quatre critères : expression orale, expression écrite, qualité des travaux effectués à la maison et comportement en classe. Le reste du temps, l’évaluation se traduit par des lettres, des appréciations ou des remarques renseignant sur les progrès effectués. L’enseignant matérialise ses appréciations par des « + » et des « – » qu’il inscrit dans un carnet. Une façon de valoriser le comportement et les efforts autant que les apprentissages. « Ce mode d’évaluation, qui favorise le contact et l’échange, est pour beaucoup dans la motivation de l’élève, » explique-t-il.


 


Mais contrairement à Michel Vauquois, Jean-Claude Dastugue se heurte toutefoie à une demande de notes de la part des parents, des élèves et de l’administration. « Alors, au troisième trimestre, je remets des notes : ça rassure les élèves pour leur passage en 5e. » Et de conclure : « Innover, c’est difficile à faire accepter… Je n’aurais pas fait ça en début de carrière. »

                                                                      Fanny Rey


Pour consulter les archives: cliquez ici

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.