5 questions à…un ‘raccrocheur’ d’élèves perdus

Entretien avec Gilbert Longhi, proviseur du Lycée Jean Lurçat, à Paris, qui accueille 230 « décrocheurs », ces élèves qui ont quitté prématurément l’école, par dépit ou dégoût. Une expérience riche d’enseignements…

Quels conseils donner à un enseignant qui compte un décrocheur parmi ses élèves ?



Inventez ! Il faut lâcher la créativité des enseignants, les laisser concevoir des méthodes pédagogiques qui donnent envie aux gamins de réapprendre… Cette créativité doit servir un projet, le projet de l’élève décrocheur. Il faut l’aider dans ce sens. Ils sont tous capables de réussir quelque chose, il faut savoir appuyer sur le bon levier !


Construire un projet avec un décrocheur, c’est essentiel ?



Il faut sortir ces jeunes de l’anonymat scolaire. Ils ont besoin d’exister. Ils ont souvent été terrorisés par le statut d’élève. Construire ensemble un projet, c’est faire en sorte qu’ils redeviennent acteurs de leur scolarité.


Faut-il sortir du cadre scolaire ?



Oui. Chez nous, dans certains bulletins trimestriels, 10% de la note est composé d’expériences de l’extérieur, que l’on introduit dans l’école et que l’on fait évaluer par les professeurs : des réparations en mécanique, des sports que l’on ne pratique jamais à l’école, des savoir-faire artisanaux… Ce n’est ni du folklore, ni du patronage, c’est la valorisation de « l’en dehors de l’école ».


N’est-ce pas une révolution pour l’Education nationale ?



Non. Dans les classes de sport-étude, par exemple, on évalue déjà les compétences acquises en dehors des cours d’éducation physique. Pourquoi ne pas le généraliser aux élèves en situation d’échec scolaire, en leur disant : « Tu es capable de réussir quelque chose » ? Même si ce n’est pas exactement du latin ou des maths…

Question rituelle

Comment rejoindre une structure innovante comme la vôtre ?

Dans tous les rectorats, dans toutes les académies, un service de l’innovation pédagogique répond aux questions des enseignants et étudie leurs projets… A l’échelle locale, dans le cadre autonome du collège ou du lycée, il est aussi possible d’inventer de nouvelles formes de travail avec les élèves…

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