« Les taux de ségrégation sont bien plus importants en fonction de l’origine ethnique qu’en fonction de l’origine sociale ou du retard scolaire. (…) Dans ce cadre, la vision d’un monde scolaire dominé par l’appartenance ethnique et les communautés est semble-t-il la plus à même de rendre compte de cette réalité. » C’est la première des conclusions d’un article de Georges Felouzis, chercheur à l’université Bordeaux-II, à paraître dans « La Revue française de sociologie ». Le sociologue ajoute que « les conséquences scolaires de la ségrégation ethnique ne sont pas univoques ». Certes « le niveau académique des élèves en fin de troisième est plus faible dans les établissements les plus ségrégués », ceux qui accueillent le plus d’élèves étrangers ou d’origine étrangère, mais « à niveau académique égal, les élèves de ces collèges jouissent d’un réel avantage pour le passage en seconde ». La conclusion est claire : « Le monde scolaire est de fait très fortement marqué par l’ethnicité qui devient un principe pratique d’identification pour les acteurs, en rupture totale avec les fondements les plus universalistes du collège unique. » « Sans grande surprise, il apparaît que les collégiens issus de l’immigration du Maghreb, d’Afrique Noire et de Turquie [dans l’académie de Bordeaux, zone de l’étude] sont socialement et scolairement désavantagés par rapport aux autres. (…) Ils ont plus souvent redoublé et sont plus souvent orientés dans les filières les plus dévalorisées du collège (les SEGPA). »