Rentrée 2003 : Comment s’organiser sans emplois-jeunes ?


Le casse-tête des chefs d'établissement.

Malgré l’arrivée des premiers assistants d’éducation, il n’est pas facile pour les chefs d’établissement dont les emplois-jeunes arrivent en fin de contrat de trouver des solutions de rechange. Certains, comme Carmen Goncalves, principale de collège au Perreux (Val-de-Marne), ne cachent pas leur désarroi : « J’avais quatre aides-éducateurs. Il ne m’en reste plus qu’une. Cette dernière a été engagée pour s’occuper d’une élève handicapée. Il n’est donc pas question qu’elle change de fonction. A la rentrée, je récupère un demi-poste d’assistant d’éducation, mais c’est bien maigre par rapport aux trois postes que je perds. Les jeunes que j’employais nous aidaient beaucoup pour les activités pédagogiques, informatiques, et pour la surveillance des élèves. Je passe de trois fois 35 heures à 17 heures par semaine. On est loin du compte ». Carmen Goncalves en tire elle-même la conclusion : « On assurera moins de surveillance avec tous les risques que cela peut présenter ».

Face à ce constat amer, la principale ne baisse pourtant pas les bras : « En attendant, j’ai trouvé une solution de replâtrage : j’ai demandé au conseil d’administration de pouvoir recruter deux Contrats emploi-solidarité (CES). L’un d’entre eux surveillera les entrées et les sorties pour compléter les services de la gardienne. »

Des heures supplémentaires pour les enseignants

Cet esprit d’initiative, Magali Copéré, proviseur d’un lycée général et technologique à Charbonnières-les-bains (Rhône), le partage. Même si elle se trouve « bien mieux lotie que d’autres », elle a dû, elle aussi, s’organiser pour pallier la perte de deux emplois-jeunes qui s’occupaient de la maintenance du réseau informatique. Une perte d’autant plus handicapante que cet établissement câblé possède 250 ordinateurs fréquemment utilisés par les sections scientifiques et technologiques. « Grâce aux sommes allouées par le Conseil régional, explique Magali Copéré, je dispose de tout le matériel nécessaire. Mais avec le départ de mes deux emplois-jeunes, j’ai été confrontée à un gros problème de maintenance. Il me faudrait un poste plein pour assurer cette fonction. Mais tout cela est statutaire : c’est l’État qui décide. J’ai donc eu recours au système D. J’ai négocié avec le rectorat des heures de décharge pour que des enseignants assurent la maintenance du réseau en dehors de leur temps de travail. Ce sont des passionnés qui font bien plus que le nombre d’heures officiel. Tout cela est d’une grande fragilité. Le jour où ils s’en iront…. »

Mi-temps, heures supplémentaires, contrats temporaires, bonne volonté des enseignants… l’imagination des responsables d’établissements est donc mise à forte contribution pour trouver des solutions.

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