Le métier d’enseignant est difficile, mais présente aussi de nombreux avantages. Le rapport récemment publié par le réseau Eurydice* portant sur les conditions de travail et les salaires des enseignants le prouve. Premier avantage : la sécurité de l’emploi. Le rapport s’appuie sur une enquête qui révèle que « le pourcentage d’enseignants disposant d’un poste permanent est très élevé (au minimum 75 % de la population enseignante ) », qu’ils soient fonctionnaires ou non. En France, cette sécurité est portée à son paroxysme, puisque les enseignants titularisés sont tous fonctionnaires. Les licenciements sont quasiment inexistants, même en cas de faute professionnelle, car comme le souligne le rapport, « les problèmes d’incompétence professionnelle sont réglés par une […] mutation ».

La sécurité de l’emploi…

Cette réalité est valable dans la quasi totalité de l’Europe, sauf en Finlande ou en Suède, où des licenciements sont parfois possibles.
Autre avantage : le temps de travail. En France, une fois encore, les conditions sont particulièrement favorables. Le temps d’enseignement annuel en France oscille entre 540 heures et 648 heures, tandis qu’en Allemagne, il varie de 865 à 1 072 heures. Certains pays imposent aussi aux enseignants un nombre d’heures de présence important dans l’établissement. En Grande-Bretagne par exemple, les enseignants de collège doivent assurer 32 heures de présence par semaine, en Grèce 30 h et en Suède 35h.

Mais un salaire faible !

Mais il existe des contreparties. Tout d’abord le salaire, globalement bas, particulièrement en France. Pour réaliser l’enquête Eurydice, les salaires ont été rapportés en pourcentage du PIB national par habitant. En Espagne, en Grèce et au Portugal, les salaires de base en fin de carrière s’élèvent à plus de 200 % du PIB par habitant, contre 185 % en France (professeurs certifiés). De plus, et tous pays confondus, l’augmentation salariale reste très faible au fil de la carrière. La France est en retard également en termes de formation continue : si elle est obligatoire pour les enseignants dans nombre de pays comme la Belgique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, la Suède…, en revanche en France, elle reste facultative.
Alors, professeur, un métier de rêve ? L’enquête réalisée pour le rapport Eurydice le laisse à penser et pourtant subsistent des zones d’ombre, comme par exemple l’absence totale de structures officielles de soutien pour les enseignants en difficulté. En Europe, seuls quelques pays les ont déjà mises en place : ce n’est absolument pas le cas en France, où existent bien des cas de détresse.


* www.eurydice.org