Comment recoller les morceaux après la grève ? Le casse-tête d’un chef d’établissement



Entamée en opposition avec le projet de décentralisation et poursuivie dans le cadre plus général du mouvement contre la réforme des retraites, la grève a forcément laissé des traces. André Canvel était l’an dernier principal-adjoint d’un collège d’Ivry-sur-Seine. A la rentrée, il occupera les mêmes fonctions au collège Emile Zola à Choisy-le-Roi. Une rentrée qu’il aborde à la fois serein et inquiet : « Je crois qu’une bonne partie des enseignants qui se sont engagés dans le mouvement, initialement contre la décentralisation, se sont rendus compte que, finalement, les choses n’étaient pas aussi simples qu’ils l’imaginaient ».

Un choc de culture

Cependant, André Canvel l’admet aisément, par sa durée et son ampleur, la crise a provoqué une fracture au sein des équipes pédagogiques : « C’est en effet là que réside une bonne partie du problème. Nous avons vu se creuser un véritable fossé, se dessiner un choc de culture entre générations, qui était latent depuis plusieurs années. Le mouvement a été très largement orchestré par des enseignants récemment recrutés, souvent non syndiqués, qui ne portent pas le même regard que les plus anciens sur le milieu de l’Education. Il y a une rupture nette en matière de rapport au savoir et à la profession ».

Dialoguer et changer d’échelle

Comment désamorcer ces sources potentielles de conflit ? Regrettant de n’avoir reçu ni information ni donnée ni instruction de sa hiérarchie sur la rentrée, André Canvel ne dispose pas de recette miracle. Il a cependant réfléchi à la question et élaboré une stratégie personnelle : « Il faut d’abord privilégier le dialogue, prendre le temps de la réflexion, collectivement ou individuellement. Je vais ainsi utiliser la journée de pré-rentrée pour mettre en place un atelier de réflexion sur la décentralisation, et notamment la resituer dans son contexte historique. Mais, surtout, je vais essayer de ramener l’établissement scolaire au cœur du débat. Il faut sortir des considérations d’ordre général sur l’avenir de l’Education, les grandes questions scolaires, les finalités, les orientations… et remobiliser les collègues sur les projets pédagogiques locaux. C’est ainsi, et uniquement ainsi, que l’on pourra recoller les morceaux. »

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