Les démarches

Ce n’est pas le moindre des paradoxes : l’Education nationale a créé ses propres structures, les Centres de bilan de l’éducation nationale (CBEN), mais ceux-ci s’adressent davantage à des publics extérieurs qu’à des membres du personnel enseignant. Il est d’ailleurs impossible de connaître le nombre d’instituteurs ou de professeurs qui bénéficient de ces prestations. Même la direction du personnel du ministère ne dispose pas de statistiques à ce sujet.

A l’échelon national, une sous-direction de l’administration centrale est affectée à ce domaine. Mais en pratique, décentralisation oblige, les personnels désireux de changer de profession ou de préparer un concours devront plutôt s’adresser aux responsables des ressources humaines de leur académie. Le plus souvent, leur cas sera étudié au cours d’entretiens individuels informels, rarement à travers une approche véritablement scientifique.

Le témoignage

La procédure a découragé Jacques Dussart, instituteur dans une école varoise : « Désireux de me réorienter dans le corps des enseignants du second degré, j’ai souhaité me présenter à l’agrégation d’histoire. J’ai donc postulé plusieurs années de suite pour le congé formation. » Une fois ce congé accordé, Jacques Dussart a souhaité passer un bilan de compétences. Mais il s’est retrouvé livré à lui-même : « En effet, l’information passe mal au sein de l’Education nationale, et j’ignorais si des structures existaient. De plus, je ne souhaitais pas m’adresser à l’inspection d’académie, qui semble souvent n’accepter que difficilement de voir les enseignants essayer de changer de carrière ». N’ayant pas les moyens de s’adresser personnellement à un cabinet spécialisé, il est allé sur Internet : « J’y ai trouvé des sites qui proposaient des bilans de compétences en ligne. J’ai fait ces bilans, mais ils ne m’ont rien appris que je ne savais déjà. »