Electron libre et libertaire

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience ». Gabriel Cohn-Bendit aime citer René Char pour mieux revendiquer sa liberté de ton. Portrait d’un auguste trublion du système éducatif…

Gabriel Cohn-Bendit se décrit lui-même comme un libéral libertaire. Ce n’est donc pas un hasard si, en 1982 à Saint-Nazaire, il est à l’origine du premier lycée de France cogéré par l’équipe pédagogique et les élèves. Bien des années plus tard, après une expérience africaine au Burkina-Faso, il s’installera dans l’un des 31 fauteuils du Conseil national de l’innovation pour la réussite scolaire (CNIRS), créé par Jack Lang. Il en démissionne avec fracas en novembre 2002, en compagnie de 16 autres membres, dénonçant dans une lettre adressée à Luc Ferry « la volonté (de l’équipe ministérielle en place) d’entraver l’indépendance et même le fonctionnement du Conseil ». Plus que jamais, Gabriel Cohn-Bendit peut user de sa liberté de parole – un trait de caractère qu’il partage avec son illustre frère Daniel. Aujourd’hui retraité de l’Education nationale (il a 67 ans), Gabriel aime jouer les poils à gratter du système. En avril dernier, il croise une nouvelle fois le fer avec Luc Ferry, signant une fougueuse « Lettre à tous ceux qui n’aiment pas l’école », en réaction au livre du ministre qui fustige la pensée et l’héritage de mai 68. Ses coups de gueule n’épargnant personne, il critique ensuite, vertement, les enseignants qui envisagent une grève des examens lors du conflit sur les retraites et s’indigne des propos tenus par de jeunes professeurs ne se voyant pas enseigner à plus de 60 ans. « J’ai toujours aimé travailler avec ces élèves fortes têtes qui ne supportent pas l’école telle qu’elle est, et que l’école ne supporte pas », écrivait-il récemment. On l’aurait parié…

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