Ils souffrent des railleries, voire des insultes quotidiennes de la part des autres élèves. L’homophobie n’est pas un mirage : elle est une réalité bien présente dans les établissements américains. Afin de protéger les élèves qui en souffrent, gays, lesbiennes, bi- et transsexuels, le maire de New York, Michael Bloomberg, a soutenu le projet d’ouverture du premier lycée public homosexuel dans le quartier de Grenwich village. Pour lui, c’est une façon de permettre à ces élèves victimes d’attaques incessantes, de poursuivre normalement leur scolarité.

Réactions contrastées

Le lycée, dénommé Harvey Milk High School, en souvenir d’un leader politique gay assassiné en 1978, accueillera 100 élèves, puis 170 dès la rentrée 2004. Il s’établit sur une structure préexistante, qui comprenait déjà deux classes, mais officieuses, réservées aux élèves homosexuels. Les réactions suscitées par ce projet ne sont pas toutes à l’unisson de celle du maire de New York. En effet, le risque est grand de voir cet établissement se transformer en une sorte de « ghetto ».

Les risques


 


C’est ce que redoute Henk Beerten, représentant de la fédération des associations hollandaises pour l’intégration de l’homosexualité. Selon lui, la création d’une telle école en Hollande, pays pourtant très tolérant vis-à-vis des homosexuels, est inenvisageable, car elle conduit tout droit à l’isolement des élèves et au bout du compte à une situation de ghetto. En France, une des porte-parole du ministère de l’Education nationale, a affirmé qu’un tel type d’établissement est inconcevable, car il est contraire aux lois de la République et peut mener à une sorte de discrimination.

Alors comment faire la part des choses ? Cet établissement sera-t-il vraiment une solution pour résoudre la souffrance des élèves victimes de l’homophobie ? Ou au contraire ne fera-t-il que renforcer leur sentiment d’isolement ?