Les programmes limitatifs des enseignements artistiques en terminale pour 2004 (musique)

Les nouveaux programmes de musique mêlent habilement classicisme et modernité, en enseignement de spécialité aussi bien qu’en option facultative.

Au BO n°14 du 3 avril : les programmes limitatifs des enseignements artistiques en terminale pour 2004 (musique)


 


Nouveautés à la clé ! Les programmes de l’enseignement de spécialité Musique en série L intègrent pour 2003-2004 quatre tangos d’Astor Piazzola (thématique « musiques populaires et musiques savantes ») et le « Miserere » du contemporain Arvo Pärt (thématique « musique et temps »). Les élèves de toutes séries choisissant l’option facultative étudieront également cette dernière œuvre, ainsi que le « Cantus in memory of Benjamin Britten », du même compositeur.
www.education.gouv.fr/bo/2003/14/default.htm 



Interview

Dominique Terry enseigne en 2de, 1re et terminale au lycée Lumière, à Lyon. Elle est également membre de l’Association des professeurs d’éducation musicale (APEMU).

Que pensez-vous du choix des tangos d’Astor Piazzola ?

C’est très bien car cela permet de sortir de la musique savante occidentale qu’on a l’habitude d’étudier en France. Cela ouvre les élèves à d’autres cultures et leur montre qu’il y a plusieurs façons de faire de la musique.

Comment aborderez-vous ces œuvres ?


Par le visuel. Je commencerai par montrer des films aux élèves, notamment Tango (1998) de Carlos Saura. A partir de la gestuelle de la danse, nous reviendrons sur ses origines et sur la musique. Nous aborderons les aspects esthétiques et techniques du tango. Ensuite, nous essayerons d’établir des liens avec les musiques traditionnelles, savantes, le jazz… J’envisage aussi des exercices de création, autour d’une partition de tango pour piano par exemple.

En quoi l’étude de la musique de tango est-elle difficile ?

Les élèves, surtout ceux qui sont issus d’une formation de Conservatoire, ont du mal à prendre de la distance avec la partition. Or les musiques populaires sont issues de la transmission orale; leur transcription ne peut être que réductrice. Savoir prendre de la liberté avec l’écrit est tout l’intérêt et toute la difficulté de ces musiques.

Qu’apporte l’étude d’Arvo Pärt en terminale ?

Pärt est compositeur très particulier, d’origine estonienne, qui ne se rattache à aucune école. Attiré par la musique liturgique, il en refuse l’ostentation. Ses recherches sur les débuts de la polyphonie donnent à ses compositions un caractère austère et méditatif. Ce côté éthéré peut être un frein à l’écoute du Miserere, par exemple, mais il permet aux élèves de découvrir de nouvelles formes d’expression musicale très intérieures.

Comment travaillerez-vous ?

A travers l’écoute et l’étude de la partition. Nous partirons de la notion de temps. Nous étudierons la composition du Miserere, la concordance des mots et des sons, la présence du silence – assez impressionnante – et le côté très ancien qui ressort de l’œuvre. Nous verrons ensuite comment les compositeurs de toutes époques et de tous styles donnent l’impression de mouvement ou au contraire de suspension du temps (comme Pärt) à travers leur musique.

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