Cinéma et audiovisuel

Clap de rentrée ! Retour sur le nouveau programme des élèves de terminale L, option de spécialité Cinéma et Audiovisuel. Un enseignant de Bois-Colombes vous livre ses réactions sur le sujet.

Au BO n°14 du 3 avril : les programmes limitatifs des enseignements artistiques en terminale pour 2004.

Le programme de 2004 intègre deux essais-documentaires : “Junkopia” (6 min, 1981) et “Sans soleil” (100 min, 1982), de Chris Marker. Les deux longs-métrages à étudier sont inchangés : “L’Atalante” (1934), de Jean Vigo, et “Le Vent nous emportera” (1999), de l’Iranien Abbas Kiarostami.
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/14/default.htm


Interview

Jean-Albert Bron enseigne en option de spécialité Cinéma et Audiovisuel, au lycée de Bois-Colombes (92). Il préside également l’Association Nationale des Enseignants et Partenaires Culturels des classes Cinéma et AudioVisuel (ANEPCCAV) – Les Ailes du désir.

Comment s’explique le choix des deux œuvres de Chris Marker ?

Il s’inscrit dans la mise en place des nouvelles orientations des programmes : l’axe de travail en terminale est le montage, que justement Chris Marker n’a cessé de réinventer. Par ailleurs, l’option Cinéma donne davantage d’importance au documentaire en 1re. Enfin ce choix donne une vraie ouverture culturelle aux élèves, avec des œuvres en marge de l’industrie du cinéma, et un auteur mal connu mais très important, qui a profondément marqué la création filmique dans la relation entre la fiction et le réel, dès la fin des années 1950.

Que peuvent apporter aux jeunes ces essais-documentaires ?

Ils véhiculent ce que le cinéma peut leur transmettre de meilleur : l’esprit d’aventure, de découverte, de liberté, d’invention, de création. Avec “Sans Soleil”, qui est un film d’expérience et un essai poétique et lyrique, Chris Marker présente un cinéma qui est un outil de lucidité sur soi et une ouverture à l’autre, avec un va-et-vient entre le Japon, l’Afrique et l’Europe. C’est un cinéma qui veut aider à vivre et pose la question du bonheur. “Junkopia”, le court-métrage, permet de réfléchir sur le regard, le point de vue, autour de l’idée de la récupération artistique de ce que le monde détruit.

Comment envisagez-vous de travailler ?

Dans le cadre de notre partenariat avec le Secteur Cinéma de la MJC de Colombes, nous allons proposer un maximum de films de Chris Marker (Lettre de Sibérie, La Jetée, Le Fond de l’air est rouge, Level Five…). Nous essayerons de faire rencontrer aux élèves des critiques ou des universitaires qui ont travaillé sur la question, ainsi que des documentaristes. Nous utiliserons également les outils (DVD…) préparés par l’Education nationale pour analyser des séquences. J’aimerais que les élèves sentent combien la poésie porte ce cinéma. En cours, je ne chercherai absolument pas à réduire ces films, par ailleurs ni racontables ni résumables, à des grilles d’explication. Mais je donnerai des points d’ancrage sur la question de la représentation du réel et de la conscience historique et politique du XXe siècle.

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