Pourquoi avoir intitulé votre livre Collèges de France, au pluriel, alors que vous ne parlez que de votre collège ?

Je ne tenais pas particulièrement à ce « s ». Mais il ne fallait pas que l’on puisse croire qu’il s’agissait d’un livre sur Le Collège de France. Malgré tout, le pluriel ne me semble pas absurde dans la mesure où j’ai l’intuition que ce que je raconte n’est pas le propre d’un établissement difficile mais le lot commun de nombreux collèges, quels qu’ils soient. C’est du moins ce que m’ont dit beaucoup de collègues qui m’ont écrit à la sortie du livre.

Quelles sont vos principales difficultés en tant qu’enseignante ?


Ma principale difficulté est de mettre au travail les élèves. Je suis parfois totalement découragée quand plus de la moitié d’une classe ne fait pas ses devoirs ou n’a pas révisé un contrôle. Je culpabilise beaucoup de ne pas arriver à leur donner un cadre et des habitudes de travail satisfaisants.

Comment pensez-vous que l’on puisse rétablir l’autorité des enseignants, sans cesse bafouée ?

Je ne suis pas encore une enseignante rodée, je me pose plus de questions que je n’ai de réponses ! En cours, je bricole, je me débrouille. J’ai compris deux choses, cependant. L’autorité passe souvent par les petites choses, les détails. Elle exclut toute forme de rigidité et d’intransigeance, et demande de la fermeté et de la souplesse. –

Ne pensez-vous pas que l’école ait sa part de responsabilité dans l’inculture des élèves, que vous relevez ?

Le manque de culture des élèves, du moins au collège, ne m’inquiète pas outre mesure. Nous sommes là pour leur apprendre des choses. Quant à désigner des responsables, je trouve cela inutile. Les causes sont toujours complexes et multiples.

                                                         Stéphanie Barioz


* Mara Goyet : Collèges de France, Fayard, 2003, 206 p.