L’université de Valenciennes et du haut Cambrésis a mis en place à l’initiative de son Président, Pascal Level, dès septembre 2002, ce régime LMD dans trois de ses facultés, avec l’accord du ministère, sans même attendre les textes les textes officiel: « il ne s’agit pas d’une démarche d’opportunité. Notre projet d’établissement allait dans ce sens: adhérer à la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur, centrer le travail sur l’étudiant, travailler sur la carte des formations la plus cohérente possible, en interne et, si possible avec les offres des autres universités de l’académie. » Sur les 11000 étudiants en formation initiale que compte l’université, auxquels il faut ajouter 3500 en formation continue, eux aussi concernés, 6000 sont ainsi passés dans le régime LMD.
Le choix de l’excellence

Bien sûr il a fallu faire des choix pour faire face au défi d’une implication très forte des équipes enseignantes: « nous avons décidé de ne pas créer de nouvelles filières, mais de finaliser et d’aménager l’offre pour les filières existantes, afin de les tirer vers l’excellence. » La décision paraît sage compte tenu de moyens limités, alors même que « les critères d’évaluation prennent notamment en compte la cohérence du projet par rapport à la consistance des équipes pédagogiques » souligne le Président Level. Pour Bruno Duthoit, Vice Président de l’université d’Artois, le bénéfice est une simplification : « initialement, l’UFR comptait trois filières thématiques, neuf licences, six maîtrises, sept DESS, un DEA et trois DRT, une structure complexe et peu lisible (…) Si la nouvelle organisation conserve aujourd’hui les trois IUP, l’ensemble des autres formations a été regroupé en une licence de trois ans, (…) avec deux orientations principales: une voie classique et une voie professionnalisée. Le master en deux ans se subdivise selon le même schéma (…) ».

Non aux réponses individuelles

Plus généralement, Gilles Cottereau, Président de l’Agence de Mutualisation des Universités et Etablissement insiste, dans la perspective d’une généralisation du régime LMD, à l’horizon 2004- 2006, « pour l’adoption par une université d’un véritable projet global, nous devons apporter une réponse institutionnelle aux problèmes posés et non une collection de réponses individuelles (…) Il poursuit sans doute en forme de réponse aux syndicats, Snesup-fsu, UNEF et FAGE, qui affichent leur opposition à la mise en place du système: les textes du printemps ont garanti le caractère national du diplôme mais pas l’uniformité des parcours des étudiants qui seront plus variés que par le passé. » L’heure n’est pas aux conclusions, tandis qu’on rentre tout juste dans la phase expérimentale; on peut tout de même parler de premiers enseignements.

Le shéma LMD plus attractif

Pour Michel Levasseur Vice Président CEVU de l’université de Lille 2, la réussite est totale, qui plus est avec un coût global de formation inchangé, malgré une plus grande richesse de l’offre et une croissance des effectifs étudiants. « Aujourd’hui, Lille 2 a plus d’étudiants inscrits en master de gestion que Lille 1 (…) Grâce à la mobilisation des anciens directeurs de DESS et des membres du personnel administratif, nous avons réussi à concevoir un projet cohérent et fonctionnel qui doit nous réjouir d’avoir osé le basculement du domaine gestion vers le système LMD. La gestion est une discipline dont une grande partie de l’enseignement échappe aux universités et revient à des écoles privées. L’arrivée du schéma LMD devrait donc rassurer nos enseignants de gestion en rendant plus attractif leurs cursus ».

Pas avant un an ou deux

Pour sa part Domitien Debouzie, Président de l’université de Claude Bernard-Lyon 1 insiste sur le temps nécessaire à la mise en place du système LMD qui ne se fera pas en un ou deux ans. Au chapitre des conditions de réussite il insiste sur la nécessaire reconnaissance à sa juste valeur, dans son métier et sa carrière, de la fonction d’enseignant que doit assurer tout enseignant chercheur, cela implique « une reconnaissance par les tutelles des diverses facettes du métier d’enseignant; les seules heures dispensées en présentiel doivent être dépassées. » On ne saurait mieux dire pour souligner que les changements concernent l’ensemble de la « communauté » de l’enseignement supérieur.