L’architecture des études universitaires repose sur trois grades: licence, master, doctorat (LMD). Les formations sont organisées en semestres et unités d’enseignements. La dimension européenne se base sur un système européen de crédits (voir encadré) capitalisables et transférables d’un pays à un autre. La lisibilité des connaissances, en cas de mobilité internationale, sera fournie par une annexe descriptive au diplôme, dite « supplément diplôme ». Tout ceci va avoir une influence sur l’offre de formation désormais plus souple. D’une manière imagée, on peut dire que les études vont passer d’un système de menu fixe à un choix fait à la carte.

Des parcours favorisant l’individualisation

Les universités vont ainsi proposer aux étudiants des parcours types, comportant une part accrue d’individualisation, avec au moins trois aspects intégrés: une orientation personnalisée, une acquisition de compétences « transversales » -maîtrise d’une langue étrangère, d’outils informatiques et de techniques d’information et de communication-, une validation des acquis de l’expérience personnelle et professionnelle en France ou à l’étranger. « Ainsi, un étudiant qui a atteint le niveau Bac + 4 en génie électrique, pourra se voir proposer une formation technico-commerciale en 5ème année ». Il possèdera en outre une langue étrangère, ainsi qu’une bonne maîtrise d’outils informatiques.

Les universités définissent leurs offres de formation

Plus souple,le système va s’avérer, également plus exigeant pour les étudiants et plus encore pour les équipes de formation. Qui dit flexibilité et souplesse, implique embarras du choix. Il faudra en effet être en mesure de s’engager dans un parcours de formation. Il comprendra des « crédits d’ossature » obligatoires et des « crédits de différenciations » qui se négocieront pourvu qu’ils soient en adéquation avec le projet de formation. Par exemple, un étudiant inscrit au conservatoire de musique peut faire valider des crédits pour l’obtention d’une licence, dans une filière artistique de son université. Il y aura dès lors une sorte de contractualisation de ce parcours entre l’étudiant et l’équipe pédagogique de l’université. Cette dernière aidera l’étudiant dans ses choix, tout en restant dans le cadre d’une responsabilité pédagogique d’ensemble qui lui incombe. Mais l’impact du changement est encore plus sensible pour les équipes de formation : l’offre de formation, les pratiques pédagogiques, l’accompagnement des étudiants, les procédures d’habilitation et d’évaluation, sont autant de conséquences de la mise en place du nouveau cursus.

Une rénovation des pratiques pédagogiques

Trois idées ressortent de l’ensemble du dispositif à concevoir et faire vivre. Tout d’abord, à la vision diplôme par diplôme se substitue celle de parcours avec un engagement des équipes de formation, en terme d’accueil, d’information, d’accompagnement et de soutien. L’idée est de suivre une progression constante –tout acquis est définitif- et d’éviter ainsi les redoublements. D’ autre part, au niveau des établissements, cela signifie une rénovation des pratiques pédagogiques : enseigner autrement, avec intégration par exemple des TICE, des centres de ressources, du E-learning,… Enfin le souci de contrôle et mesure « ferme » le dispositif. Il s’agit de l’évaluation de la progression de l’étudiant et du contrôle de qualité et de résultat exercé sur l’établissement lui-même. L’évaluation des formations et des enseignements est obligatoire. L’habilitation à délivrer un diplôme national en dépend.