5 questions à… une adepte de la philo en maternelle

Enseignante dans le 10e arrondissement parisien, Isabelle Mateu, la trentaine, a mis en place un atelier de philosophie dans sa classe. Du haut de leurs 4 ans, ses élèves tentent de définir ce qu’est l’amitié, l’amour ou bien encore la différence. Vaste programme.

Comment se déroule votre atelier “philosophique” ?

Je travaille en demi-classe, soit une dizaine d’élèves. Je lance un sujet – l’amitié par exemple – et les élèves en discutent entre eux. Je n’interviens que pour distribuer la parole et relancer la discussion quand le dialogue s’essouffle. A aucun moment, je ne juge ce qu’ils disent.

Combien de temps consacrez-vous à cet atelier ?

Nous avons une discussion « philosophique » une fois par semaine pendant 10 minutes. Au début, j’organisais des ateliers d’une demi-heure mais très vite, j’ai compris que c’était trop long. En limitant le temps, on crée des échanges plus riches.

Comment choisissez-vous les thèmes ?

Je pars du vécu des enfants pour qu’ils aient envie de s’exprimer. J’ai commencé par l’amitié car nous avions étudié en classe un album qui parlait de ce sentiment. La vie, la mort, le temps sont des thèmes qui les touchent. « Que signifie être grand (adulte) ? » est aussi une vraie interrogation pour eux. Parfois, à la fin d’un atelier, un thème s’impose pour la semaine suivante. Un jour, un enfant a parlé de la couleur de la peau d’un camarade, qui l’empêchait d’être son ami : la semaine suivante, nous avons réfléchi sur la différence.

Quel est l’objectif pédagogique de ces ateliers ?

Je cherche avant tout à favoriser l’expression orale des élèves. Certains parlent habituellement peu et découvrent lors de ces discussions qu’ils ont des choses à dire qui intéressent leurs camarades. C’est aussi un moyen de les faire réfléchir de manière active. Ils doivent argumenter, préciser leur pensée, défendre leur point de vue. Enfin, ils apprennent à écouter la parole de l’autre.

Question rituelle

Et si vous aviez le pouvoir de faire évoluer le système, que proposeriez-vous ?
Je suis très contente de la liberté que nous avons en maternelle. Nous pouvons tester de nouvelles activités, ce qui rend notre travail passionnant. Je souhaiterais juste que l’on puisse plus facilement dédoubler les classes. J’ai pu mettre en place l’atelier philo car une collègue a accepté de s’occuper de la moitié de mes élèves pendant ce temps. Ce n’est pas une solution toujours facile à appliquer.

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