Dès 1998, les universités ont lancé le mouvement, avec la déclaration de la Sorbonne, suivi peu après de Bologne, Salamanque et Prague. Autant d’étapes qui ont marqué les avancées de ce vaste projet. De quelques Etats à l’origine, ils seront plus de trente lors de la prochaine rencontre prévue à Berlin, en 2003. Pourquoi une telle mobilisation en faveur d’une architecture commune des systèmes de formation entre les différents pays d’Europe? La réponse est dans l’objectif poursuivi: favoriser la mobilité des étudiants et, par voie de conséquence, des diplômés, dans une vision de parcours, des uns et des autres, désormais envisagés dans le cadre européen avec en toile de fond la recherche d’une meilleure « employabilité ».

Harmoniser mais sans imposer

Il s ‘agit aussi de renforcer l’attractivité de l’Europe vis à vis du reste du monde. L’ engagement des pays concernés ne vise pas à définir un modèle, ou un standard. Des différences existent, vouloir les éliminer serait le plus sûr moyen de se condamner à l’immobilisme. Ainsi la France compte deux spécificités majeures : la dualité universités/grandes écoles, et le baccalauréat comme « droit d’accès » aux formations universitaires. En Allemagne c’est l' »Abitur », avec des bacheliers plus âgés. De même, dans beaucoup de pays, le premier diplôme universitaire intervient après une période de quatre ou cinq ans… autant d’exemples qui militent pour une démarche d’harmonisation, à partir de principes partagés par tous.

Les principes

La conférence de Prague du 19 Mai 2001 a confirmé la déclaration de Bologne. Les pays participants se sont engagés sur une architecture commune, en s’accordant sur plusieurs principes. Tout d’abord, un système de diplômes facilement lisibles et comparables, fondé essentiellement sur deux cursus, s’articulant au niveau de la licence, avec mise en place d’un système de « crédits ».
Par ailleurs, ils se sont engagés à promouvoir la mobilité, une coopération en matière d’évaluation de la qualité et la dimension européenne de l’enseignement supérieur.
Chacun travaille depuis lors pour traduire ces engagements dans son propre dispositif réglementaire.
Les contours de l’Espace européen de l’enseignement supérieur se dessinent, mais l’ouvrage est loin d’être terminé. Réussiront-ils à s’accorder ?