Financer un voyage : mode d’emploi

Partir deux semaines au Cameroun, avec 10 élèves, sans débourser un centime ! Vous l'avez déjà fait... non, alors cliquez ici.

« Je voulais le faire, donc j’étais confiante ». Quand Jocelyne Boulard a un projet en tête, personne ne peut arrêter ce petit bout de femme d’une cinquantaine d’années, professeur des écoles en établissement régional d’enseignement adapté (EREA) à Paris. Et pourtant ! Pour réussir à financer son projet de classe d’eau au Cameroun, il lui a fallu un an et demi de démarches, de sollicitations et de rendez-vous en tout genre, saupoudrés d’une bonne de dose de conviction. « Les élèves n’ont eu à payer que les produits contre les moustiques », insiste-t-elle.

Un vrai challenge !

Le projet naît en 2001. Ses élèves (âgés de 15 à 18 ans) travaillent alors sur l’importance de l’eau, cette ressource vitale qu’il faut éviter de gaspiller, quand un enseignant de l’établissement, d’origine camerounaise, lance l’idée d’une collaboration avec le lycée technique de Ngaoundéré. Avec un objectif : réunir les élèves français et camerounais pour deux semaines de cours, de débats et de conférences sur l’eau. Plus un impératif : que cela ne coûte rien aux parents des élèves concernés. Un vrai challenge ! Pour y parvenir, elle met en place un système efficace. Première étape : « assister systématiquement aux conseils d’administration de son établissement pour obtenir le soutien de sa hiérarchie, conseille-t-elle. Puis chercher tous les organismes susceptibles de délivrer des subventions. » Rectorat, fondations, région, département, commune, ambassade… tous disposent d’un service qui finance des projets culturels, environnementaux, voire internationaux. « Envoyer un dossier ne suffit pas, insiste l’enseignante.

Un travail de titan

Pour comprendre la politique ou les critères d’attribution des aides de chaque organisme, il faut impérativement rencontrer les décideurs. » Et rédiger dans la foulée un dossier « personnalisé », qui valorise le critère susceptible de séduire le fameux décideur : les retombées médiatiques pour le Conseil régional, le travail sur l’eau pour le ministère de l’Environnement… Impossible pour Jocelyne d’assumer seule ce travail de titan. Chaque enseignant de l’école est chargé de convaincre un ou deux organismes. En y mettant les formes. « On les invitait à manger à la cantine de l’établissement, on leur faisait visiter les locaux, raconte Jocelyne. Les personnes qui attribuent des subventions aiment bien connaître celles qui vont les utiliser. » Une ténacité payante, puisque la région Ile-de-France a donné 9 909 euros, le rectorat de Paris 1 500, le ministère de l’Education nationale 9 146.

Un conseil à retenir !

Le ministère des Armées a joué la partition médicale en vaccinant tout le monde gratuitement et en offrant les médicaments antipaludéens. L’ambassade du Cameroun en France a financé les visas et la compagnie aérienne Camair a transporté gratuitement 600 kg d’excédent de bagages. Le projet, labellisé entre temps “Mille défis pour ma planète” (encore un dossier), a également obtenu une bourse du ministère de l’Environnement de 460 euros. Et le fond social de l’établissement a bouclé le budget, qui s’élevait à 31 575 euros. Dernier conseil : « Une fois revenu, n’oubliez pas de remercier les donateurs et de leur remettre un rapport détaillé de l’opération. Garder de bons contacts permet d’obtenir facilement d’autres financements », souligne malicieusement Jocelyne, qui se passionne déjà pour un autre projet.

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