Pourquoi vous êtes-vous opposé aux programmes proposés par Claude Allègre en 2000 ?

Le ministère voulait modifier fondamentalement l’enseignement de la philosophie au lycée. Il proposait de passer de l’étude de notions (autrui, la religion, le vivant…) suscitant la réflexion des élèves, à un programme figé qui ressemblait davantage à une histoire des idées qu’à un véritable cours de philosophie. Par exemple, les élèves auraient planché sur l’écologie comme mouvement politique au lieu de s’interroger sur la notion de nature, sur la bioéthique plutôt que sur le vivant…

En quoi est-ce choquant pour vous ?

Un professeur de philosophie a pour objectif de développer une pensée critique chez ses élèves, et en aucun cas de leur transmettre des connaissances figées. Sous prétexte de donner à l’ensemble des jeunes une culture commune, cette vision de l’enseignement de la philosophie cultive le consensus mou et la pensée unique.


Que proposez-vous aujourd’hui ?

Nous avons cherché un compromis entre ces deux approches. Nous avons rétabli l’étude de notions (en réduisant leur nombre) tout en indiquant dans les programmes dans quelle direction les enseignants doivent les aborder. Les professeurs, tout en étant guidés dans leur réflexion, gardent ainsi toute leur liberté pédagogique.

Votre programme a-t-il une chance de voir le jour ?

Le Conseil national des programmes et le Conseil supérieur de l’éducation ont donné un avis favorable. Les consultations auprès des enseignants sont également positives. Il n’y a pas de raison pour qu’il ne soit pas adopté très rapidement par le ministre.