Bachelières non-scientifiques : la reconversion techno

A Valenciennes, les bachelières L et ES choisissent les études techno ! Enquête.

Souvenirs, souvenirs… « En 1985, Yvette Roudy, ministre des Droits de la Femme, avait demandé aux universités de promouvoir le secteur industriel auprès du public féminin, » se rappelle Albert Vandeville, directeur de la formation continue à l’IUT de l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis. Elle souhaitait mettre en place des passerelles afin que les femmes puissent s’orienter vers des domaines porteurs d’emplois. C’est ainsi que naît à Valenciennes un cursus-choc d’un an, tremplin pour reconvertir des jeunes femmes qui s’étaient initialement dirigées vers des étude de lettres, de langues, de droit, de comptabilité… et se retrouvaient en échec professionnel. Objectif : permettre à ces ex-étudiantes plutôt brouillées avec les sciences d’intégrer un DUT du secteur industriel, à débouchés garantis !

« Un défi personnel à relever »

Le nombre de places est limité à 15 et la scolarité des étudiantes est rémunérée par le Conseil régional. « Nous vérifions que les candidates ne viennent pas pour cette raison, qu’elles ont une vraie motivation, » précise Albert Vandeville. Autre critère : la capacité à “ »en prendre pour 3 ans d’études : 1 an chez nous puis 2 ans au moins en IUT. » Présentée à l’université par une Mission locale pour l’emploi, chaque candidate doit être âgée de moins de 26 ans, titulaire d’un bac non scientifique et avoir arrêté ses études pendant 2 ans au moins. « J’ai été très étonnée que l’on me propose ce cursus car je ne pensais pas qu’une reconversion vers la technologie était possible pour moi », raconte Charlotte Boulests, 26 ans, étudiante cette année et qui avait arrêté ses études pour raison familiale après avoir suivi une première année de Deug d’anglais, bac L en poche. « Je ne connaissais pas du tout les métiers de l’industrie. J’ai considéré cette formation comme un défi à relever. »

Maths et machines-outils

La formation comprend 880 heures de cours sur 27 semaines. Des maths, de l’anglais mais aussi de la mécanique, de l’électricité, des techniques de communication et des outils bureautiques… « Au début, on part de très bas, note Jean-Luc Hachet, le responsable de la formation. Puis on accélère de plus en plus. Les élèves se prennent au jeu. » « Le programme est proche de celui d’une terminale scientifique. Les cours ne sont pas théoriques. Les maths, par exemple, doivent être applicables à la vie en entreprise; nous préférons insister sur l’utilisation d’une formule plutôt que sur le raisonnement mathématique », explique Albert Vandeville. « On nous explique tout depuis le début. Rien ne me paraît spécialement difficile », renchérit Charlotte Boulests, qui devrait intégrer l’ IUT en Génie électrique et informatique industrielle (GEII) à la rentrée 2003. La jeune femme apprécie aussi la mise en pratique sur le terrain. « Nous mettons nos étudiantes sur des machines-outils, en atelier, afin qu’elles connaissent les débouchés qui les attendent, » explique Jean-Luc Hachet.

Des reconversions réussies

Après des années de rodage, les réussites sont devenues majoritaires. « 70 à 80 % des étudiantes préparent un DUT ou un BTS à l’issue de la formation, constate Albert Vandeville. Les 3/4 d’entre elles le réussissent, en 2 ou 3 ans ». Certaines ont même continué au-delà ! L’une d’elles enseigne les maths en lycée professionnel. Seul hic : pour la minorité en difficulté à l’issue du cursus, c’est souvent le retour à la case départ.

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